‹ La greffe de muqueuse buccale: thérapeutique du pterygionChapitre 8 sur 16 · PS VUE · texte numérisé non relu

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donné que la pupille sera recouverte par un rideau opaque s’opposant parfois au passage de toute lumière ; et de plus la traction exercée sur la cornée provoque de l’astigmatisme irrégulier.

: C’est précisément le but de la thérapeutique d’empêcher cet envahissement et de s'opposer en outre à toute récidive du pterygion. Or, s’il est facile d'enlever un pterygion, il est plus difficile de supprimer les récidives, et c’est par l’étude de sa nature et de sa constitution qu’il est possible de dire quel sera le moyen thérapeutique à mettre en œuvre pour obtenir ce

double résultat.

Nature du ptérygion

La tête du pterygion est composée d’un stroma et d’une couche épithéliale. Le stroma est composé de fibroblastes jeunes de forme ovalaire situées dans un tissu trés lâche. Ces fibroblastes présentent des fibrilles protoplasmiques qui s’anastomosent avec les fibrilles des cellules voisines. Entre les cellules on trouve des fascicules de fibres collagènes qui sont des débris de substance propre de la cornée, et à l’intérieur de ces faisceaux pénètrent les fibrilles protoplasmiques des fibroblastes. Il semble donc que le tissu fibrogène néoformé possède un pouvoir envahissant et destructif.

La membrane de Bowman est perforée et on en retrouve souvent des restes au milieu du tissu nébformé. La couche épithéliale n’est jamais envahie par les fibrilles néoformés.

Au niveau du corps du pterygion il existe peu de modifications de la conjonctive bulbaire : on constate surtout une plus grande abondance de plissements et

ces plissements donnent quelquefois naissance à des

invaginations de la couche épithéliale, formant des glandes tubuleuses ; l’orifice de ces formations glandulaires pouvant s’obstruer, il en résulte la formation de kystes dont la présence est assez fréquente dans le corps du pterygion.

Tels sont, d’après Redsob les éléments histologiques qui constituent le pterygion progressif. Dans la forme stationnaire on constate un envahissement de tout le pterygion par du tissu fibreux ; il y a en somme une sclérose du tissu néoformé.

En se basant sur cette étude histologique et en recherchant dans la pathologie générale des formations ayant les mêmes caractères, Redsob a pu définir la vraie nature du pterygion. Il conclut en effet ainsi :

« En résumé le pterygion est déterminé par un fibrome de la région limbique possédant un caractére, non seulement progressif, mais destructif, par une tumeur mésodermique qui a non seulement un caractère envahissant, mais qui récidive souvent après excision. Cette tumeur possède donc la malignité d’un néoplasme cancéreux avec cette différence cependant qu’elle n’envahit jamais l'œil dans sa totalité et qu’elle ne donne jamais de métastases ».

D'autre part, il considère que des lésions anatomiques de nature identique évoluent dans l’œil de façon différente que dans tout autre organe, il en-

visage la possibilité d’une évolution différente d’un

Di

fibrome au niveau de l'œil et d’un fibrome d’une autre partie du corps.

Et c’est alors qu’il évoque l’existence de fibromes non plus tumeurs bénignes mais à caractères envahissants et destructifs : les fibromes de la paroi abdominale. Et il nous montre l’analogie des caractères histologiques ; dans le fibrome de la paroi abdominale il existe deux zones : l’une constituée par du tissu conjonctif adulte, comparable au corps du pterygion, l’autre, la zone marginale, caractérisée par la présence de cellules conjonctives jeunes pourvues de prolongements protoplasmiques d’aspect fibrillaire; les fibrilles pénètrent dans les tissus environnants et les disloquent. Cette dernière zone est la zone d’accroissement de la tumeur et a une structure identique à celle de la tête du pterygion.

Enfin, pour compléter l’analogie existant entre les deux affections, Redsleb constate que l’une et l’autre, si elles récidivent fréquemment après excision, ne donnent jamais de métastases. Et il conclut en considérant qu’il serait logique de donner au pterygion

« étiquette de tumeur hyperplasique ».

Cette dénomination nous semble s’accorder tout particulièrement avec la théorie étiologique la plus communément admise qui voit dans le pterygion le résultat d’une irritation continuelle de l’æil par les

intempéries et les corps étrangers minuscules que

constituent les poussières, agents extérieurs auxquels sont soumis d'une façon à peu près constante les porteurs de cette affection.

Et, sans faire l'étude anatomo-pathologique du pterygion, il était bien logique de leconsidérer comme une tumeur maligne d’un caractère un peu spécial : si en effet, il ne donne jamais lieu à des généralisations, il est susceptible d'extension dans certains tissus, il n'a pas de limites nettes comme une tumeur bénigne et il envoie dans la région de la cornée sur laquelle est située la tête des proliférations pénétrant dans les lames superficielles. En somme, on pouvait considérer par la simple étude clinique le pterygion comme une tumeur à malignité élective pour la conjonctive et la cornée ; tumeur ayant son point de départ dans la conjonctive bulbaire et présentant pour ainsi dire un tropisme positif pour le centre de la cornée ; de plus on devait se baser sur ces caractères pour établir la

thérapeutique.

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