‹ La Greffe de ThierschChapitre 10 sur 14 · ELON: E · texte numérisé non relu

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l’on est même forcé de le faire quand la perte de substance ne dépasse pas ces limites.

En réalité le procédé de Thiersch diffère complètement des anciens procédés, sauf en un point, croyons-nous : c'est l'épaisseur des lambeaux qui reste la même que du temps de Reverdin. On à beaucoup discuté, en ce temps là, la question de l’épaisseur des lambeaux, les uns disant qu'il était indispensable de comprendre le derme dans la greffe, les autres prétendant que seul l’épiderme était actif, et d’autres encore soutenaient que l’on pourrait réussir avec la couche cornée seule. Thiersch, sans se préoccuper de savoir quelle était la partie active de la greffe, démontra qu’il fallait « comprendre dans la greffe une partie de la couche dermique d'ou émergent les papilles. « Gomme il s’agit d'obtenir que la circulation s’éta- « blisse rapidement dans la greffe, on a plus de chances « d'arriver à ce résultat si la greffe comprend une partie « du derme dans laquelle les vaisseaux cheminent hori- « zontalement. Si la greffe ne comprenait que les papilles, « l'établissement de la circulation serait plus difficile: « il faudrait qu’il s’établitune communication vasculaire «au niveau de chaque papille, car les vaisseaux de cha- « que papille, se trouveraient tount-à-fait indépendants de «ceux des papilles voisines (Heydenreich). |

Ce passage laisse comprendre que Fhiersch taillait ses lambeaux un peu épais ; il est bon d'observer qu’il n'est pas absolument indispensable de comprendre dans les lambeaux une grande portion du derme ; on peut obtenir les mêmes résultats avec des lambeaux plus minces, ne comprenant que l’épiderme#et le sommet des papilles.

L'opération de Thiersch n’est guère plus difficile que , celle de Reverdin, et offre, comme elle, l'avantage de pouvoir être recommencée en cas d'échec, sans inconvénient.

Thiersch a souvent opéré sans chloroforme. Nous x dirons pas que cette conduite soit mauvaise, mais elle nous semble peu pratiquable. L'anesthésie locale compromet, paraît-il, la vitalité des greffes.

La greffe de Thiersch est une greffe dermo-épidermique comme celle de Reverdin ; mais, la méthode de Reverdin n’était qu'une méthode de cicatrisation par seconde intention qui se rapprochait beaucoup de la cicatrisation

4 $ naturelle ; la greffe de Reverdin donnait une cicatrice,

si dont la nature faisait presque tous les frais, tandis que

+. + la greffe de Thiersch, par le recouvrement de la surface

ne malade, après destruction des bourgeons charnus, réa-

NOR lise une véritable autoplastie. Cette méthode, en effet,

LL. peut être mise en parallèle avec les anciennes méthodes ‘ue autoplastiques. L

k La pratique des greffes n’a pas seulement bénéficié des

| travaux du professeur de Leipzig, elle a subi aussi l’heu-

reuse influence de l'antiseptie et surtout de l’aseptie mo-

derne. L’antiseptie à facilité la préparation des plaies des-

tinées à être greffées, et a permis de faire, sans crainte,

des emprunts considérables à la peau pour réparer ces

plaies.

£ Manuel opératoire

\ à L La greffe de Thiersch n’exige pas, nous l'avons dit, une longue préparation de la plaie que l’on se propose de

MEDEIROS J

greffer ; les plaies fraiches doivent être greffées immé-

diatement ; pour toutes les autres il est bon d’attendre «

quelques jours ; en général, 2 à 7 jours suffisent, même quand les plaies sont infectées et ont des bords sphacélés ; on attendra plus longtemps si la suppuration ne s’est pas arrêtée, si l’état de la plaie ne s’est pas amélioré par les pansements antiseptiques.

Les auteurs allemands Plessing et Urban donnent à cette préparation une très grande importance ; ils prétendent que les résultats sont meilleufs que par une intervention hâtive, surtout s’il s’agit d’ulcères de jambe, pour lesquels ils Comptent trois à quatre semaines de prépara-

tion. Je n’oserai pas reprocher cette pratique, mais je ferai

observer que M. P. Delbet, qui a une longue pratique des greffes de Thiersch, opère ses malades le plus vite possible. Nous ne saurions mieux faire que de conseiller la conduite de ce maitre.

Passons à l'opération.

Les instruments nécessaires sontun rasoir à large lame plate, une curette de Volkmann et des aiguilles lancéolées. Il faut bien se garder de mettre ces instruments dans un bain antiseptique ; ces substances, parce qu’elles sont coagulantes, dit-on, compromettent la vitalité des lambeaux, comme Thiersch l’a démontré. Les instruments baignerontdans de l'huile qui estordinairement aseptique, comme l’on sait. La toilette de la, plaie et de la surface où l'on prendra les greffes sera faite aseptiquement ; la plaie sera brossée, savonnée et lavée avec la solution de Na C1 à 6/1000, recommandée par Thiersch ; la surface qui doit fournir les greffes sera d’abord rasée, ensuite

dr

es

préparée comme la plaie. C’est à la face externe de la * cuisse que l’on taille ordinairement les lambeaux; au besoin on les prendra sur la face postérieure de la cuisse et sur la jambe du même côté et même, s’ille faut pour TE recouvrir une très vaste perte de substance, on les prendra sur l’autre membre ; il est plus difficile, dit-on, de tailnan ler les lambeaux sur le bras.

a. L'opération se fait en deux temps ; dans le premier «FAT temps on fait le curettage de la plaie et dans un second temps on prend et on pose, à mesure, les lambeaux. LE SN 1 TEMPS. Rien n’est plus simple que de faire un Re curettage complet avec la curette de Volkmann et denlever + toute cette couche molle et sale de bourgeons charnus, audessous de laquelle on trouve une surface résistante qui crie sous la curette ; il est bon, parfois, de gratter les bords, s ils semblent malades. On peut enlever les bour-

geons au bistouri ; la curette est préférable. Le curettage de la ‘plaie n’est pas toujours indispensable ; il est inutile quand la plaie est fraiche. 4 La surface grattée donne du sang par une multitude 211 de petits points ; cette hémorrhagie estinsignifiante ; elle 102 s'arrête au bout de 5 à 6 minutes par une compression # avec des éponges bien exprimées et débarrassées de la solution antiseptique par un lavage; d'ordinaire on pose les éponges sur la plaie et on les recouvre d’une com- È presse ; la compression devient plus facile. ÉAE Quand l’hémorrhagie est complètement arrêtée on F passe au F 2e remps. La prise des greffes est assez délicate et il : est préférable avant d'entreprendre cette opération sur è % F #ñ >

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