‹ La Greffe de ThierschChapitre 9 sur 14 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Nous venons de décrire ce que l’on pourrait appeler

la première période de l’histoire de la greffe humaine,

ne qui va de la découverte de Reverdin à la communication de Thiersch au 15° FORBLes de chirurgie. de Berlin en 1885. à

Dans cette. initio Thiersch signale les causes

d'échec du procédé de Reverdin et décrit un nouveau

procédé. 0

La méthode des greffes, qui avait Éttt perdu de sa vogue des premiers jours, rentre alors dans une nou- velle période fertile en succès. L J'ai déjà signalé dans le chapitre précédent la cause des échecs si fréquents après l'emploi des. greffes par les

anciens procédés ; je veux y revenir avec plus de détails

et j einprante les passages suivants d’une analyse du mé-

moire de Plessing, élève de Fhiersch, analyse faite par M. Dr | R

Dés 1874 Thiersch attirait l'attention sur la cause de ces échecs. Ï1 faisait remarquer que la guérison d'une plaie bourgeonnante . dépend de deux facteurs : il faut d’abord que les bourgeons richement

vasculaires, mouset volumineux se transforment en papilles cicatricielles pauvres en vaisseaux, sèches et grèles, processus qui aboutif à la diminution d'étendue de la surface bourgeonnante et au rapprochement des parties voisines de la plaie ; il faut ensuite que les bourgeons ainsi modifiés, se recouvrent de cellules épidermiques. Or, d'après Thiersch, si la greffe est pratiquée à une époque où la surface bourgeonnante n’a pas encore atteint son maximum de rétraction, cette rétraction continue sous la greffe, mais, on a hâté, peut-être de plusieurs mois, la cicatrisation extérieure de la plaie. Si au moment de la greffe, les bourgeons ont atteint leur maximum de rétraction, le même phénomène ne peut évidemment plus se produire, mais, les bourgeons charmes persistent au-dessus de la greffe, avec leur vascularisatio et leur fragilité et des causes mécaniques minimes suffisent pour amener des hémorrhagies ou des exudations et par suite la chute de la greffe.

D'après cette théorie, ce sont les bourgeons charnus qui sont la

cause des résultats malheureux, observés souvent après les greffes”

de Reverdin. Or, lorsque l’on incise une surface bourgeonnante, on y distingue nettement deux couches superposées ; une couche profonde plus ou moins résistante dont le réseau vasculaire affecte une direction horizontale et une couche superficielle, comprenant les bourgeons charnus proprement dits. qui, avec leur riche vascularisation, s’implantent perpendiculairement sur la couche profonde. Cest la couche superficielle qui joue le rôle important au point de vue qui nous occupe. Aussi Thiersch est-il arrivé à cette conclusion que la greffe ne doit-être faite qu'après destruction de cette couche.

Ainsi Thiersch résolut, d’une manière bien simple, la difficulté que l’on avait d'obtenir des guérisons définitives avec les greffes, en proposant de détruire cette couche de bourgeons charnus que l’on croyait jusqu’alors utile de conserver. C'est là, à première vue, le trait saillant du nouveau procédé.

La préparation des plaies, d’une importance capitale,

Me

avant cette* découverte, devient, sinon inutile, mais beaucoup plus courte ; le mauvais état des bourgeons n'arrête plus longtemps le chirurgien, grâce aussi, il faut le dire, au pansement antiseptique ; toute plaie devient bonne à être greffée presque sans retard.

La méthode de Thiersch se distingue encore par d’autres caractères importants.

Thiersch recouvre complètement la surface malade avec ses greffes, chose que l’on ne faisait pas avant lui etl'on croyait même inutile et dangereux de faire, on devine bien pourquoi. Le tissu de réparation, formé entièrement par les greffes, doit être, par conséquent, plus solide et résistant que la cicatrice formée par les greffes d'Ollier ou Reverdin. On peut prévoir que la réparation se fera plus vite, puisque les lambeaux n’auront qu’à adhérer pour que la plaie soit complètement fermée, tandis que par les anciens procédés la cicatrisation devait se faire autour des lambeaux et au niveau des bords, ce qui prenait souvent de longnes semaines, pour peu que la plaie fût grande, et pouvait s'arrêter dans sa marche.

Thiersch taille de longs lambeaux de plusieurs centimètres, comme le faisait déjà M. Ollier ; mais, ce n'est pas là uneimitation dau procédé du chirurgien de Lyon, comme on l’a prétendu ; c’est une nécessité de l'opération qui est rendue ainsi plus facileet surtout plus rapide ; dans le procédé de M. Ollier la grandeur des lambeaux faisait toutela nouveauté de cette modification du procédé de Reverdin, tandis que l’on peut pratiquer l’opération de Thiersch avec de petits lambeaux de 2 à 3 centimètres et

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