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« eutané pris ordinairement sur le bras. Ce lambeau a «de 2à3 millimètres carrés *
« 2° Procédé. Pour avoir une rétention plus sûre des « greffes, on enfonçait celles-ci sous les granulations « dans une incision de 1 à 2 millim. de profondeur.
« Dans le 3° procédé, un fil était passé à travers la « greffe, conduit par une aiguille à travers les bourgeons « charnus, puis à travers la peau saine ; la greffe se trou- « vait ainsi fixée sur les bourgeons charnus.
« 4° Procédé. On avivait superficiellement un point de « la plaie bourgeonnante, on étanchait le sang avec soin, « puis avec le doigt on appliquait la greffe qui ne tardait « pas à adhérer ; toute la plaie était ensuite recouverte de « Cérat. »
Aucun de ces procédés ne ressemble à celui de Reverdin ; Hamilton greffait de la peau totale et non l’épiderme seul ; sa méthodè était inconnue en Europe et il est même probable que ce chirurgien ait abandonné ces expériences presque toujours infructueuses.
Une autre réclamation a été produite avec moins de fondement encore ; c'est celle d’un journal italien qui revendique pour le professeur Tigri, de Sienne « l’honneur de la conception, sinon de la pratique de la greffe humaine » ; ce professeur rappelle, dans un article au sujet de la vitabilité des tissus le fait bien connu qui s'observe quand onapplique un vésicatoire : l'épiderme, détaché du derme, continue à vivre et peut de nouveau se souder au derme ; Tigri parle là d’un fait connu et il n’a jamais eu l’idée de greffer l’épiderme soulevé par un vésicatoire, mais, d’autres l’ont essayé, plustard, sans aucun succès.
Nous pouvons dire, donc, que la méthode de grefles humaines est née en France et que c’est avec raison que “Von attribue à J. L. Reverdin l’honneur de l’avoir crée de toutes pièces.
La conception de la greffe humaine était nouvelle et originale : on ne saurait prétendre que cette méthode
s'inspire des autres procédés de greffe, des greffes autoplastiques, dela greffe végétale ou des curieuses expériences de Paul Bert. Reverdin en greffant un petit lambeau épidermique, que l’on croirait incapable de vivre, ne pouvait pas espérer — est-il besoin de le dire ? qu’il se développerait comme une greffe végétale ; il ne recouvrait pas toute la surface et ne pouvait pas prétendre aux mêmes résultats qu'avec un grand lambeau, coiprenant toute la peau, à large Ce bien nourri,comme c’est le cas dans les opérations autoplastiques.
Après Reverdin, le premier chirurgien qui communiqua des observations de greffes épidermiques, fut Pollock de Londres. C’est à lui que l’on doit la vulgarisation de la méthode.
La pratique de la greffe, écrit Reverdin, a surtout commencé à se répandre depuis que Pollack leut essayé avec succès à Londres. è .
La greffe de Reverdin a été l’objet d’un nombre considérable de travaux, publiés surtout en Angleterre et en France. Quoique cette question ne soit plus d’actualité, j'ai cru bon de faire dans cet historique, que l’on trouvera peut-être un peu long, l'exposé aussi complet que possible des intéressantes recherches faites sur les greffes, des efforts de quelques chirurgiens en vue de
perfectionner la méthode, jusqu’au jour où Thiersch décrit une opération parfaite qui devait rendre à la méthode toute l'importance qu'elle commençait à perdre David Page, de Londres, qui fut aussi un des premiers à étudier la question, observa que la greffe de Reverdin ne donnait des succès que dans le cas où la plaie était recouverte de bourgeons charnus de: bonne ‘nature, petits, solides, ‘vermeils, suppurant peu ;le succès était rare quand les bourgeons étaient volumineux, mollasses, saignants, de mauvaise nature et que la‘suppuration était abondante. Tous les chirurgiensise rangent à cesidées et ilfut admis qu’il fallait préparer la plaie pour recevoir la greffe et attendre le moment favorable, indiqué par l’auteur anglais. |
Cette idée d’un moment favorable, qui entraînait la conservation des bourgeons charnus, devait paralyser les efforts faits par les chirurgiens pour perfectionner cette méthode, dont on commença à contester les bienfaits dès les premiers temps; eneffet, on ne tarda pas à s’apercevoir que les plaies réparées par ce procédé se réulcéraient souvent ; or, nous savons aujourd’hui que la cause de ces échecs était, comme Thiersch l’a démontré, la conservation de la couche de bourgeons. Nous revien drons sur ce point. À défaut de plaies dans les conditions que l’on croyait favorables, quelques chirurgiens conseillaient de déposer les greffes sur les bourgeons qui semblaient les plus propres à les recevoir, s’il s’en trouvait dans la plaie. Des moyens très divers étaient préconisés pour modifier l'état de la plaie et tarir la suppuration : le repos, les pansements au diachylon, les solutions phé-
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niquées, les cautérisations au nitrate d'argent, etc. Reverdin déconseillait fortement les topiques irritants.
L'état général semblait avoir aussi, comme l’état local, une grande influence sur le succès de l'opération ; chez les gens vieux, les tuberculeux très affaiblis, les cachectiques en général, l’insuccès était à craindre et pour l’éviter on a quelquefois pris les greffes sur des hommes jeunes et vigoureux ; chose curieuse, ces greffes prises sur une autre personne ont réussi dans des cas où les greffes prises sur le malade, vieillard ou cachectique, avaient échoué.
Vovons maintenant la formation et le développement des ilots épidermiques. Je laisse la parole à Reverdin.
Le lambeau greffé s’il est bien appliqué et si l'expérience réussit, au bout de 24 heures se trouve adhérent ; il paraît plus blanc, plus épais, comme gonflé, est ramolliet quelquefois un peu ridé. Au bout de 48 heures il est déjà bordé d’une petite zone d’un gris pâle, très étroite, souvent séparée de lui par un cercle excessivement mince plus transparent. Puis au bout d’un temps variable, mais qu’on peut en moyenne fixer au troisième ou quatrième jour, on distingue sur le bord une zone plus ou moins large, présentant des caractères particuliers ; elle est d’un rouge plus foncé que les bourgeons, elle est lisse et devient plus apparente en se desséchant à l'air, tandis que les granulations voisines restent plus humides.
Dès que cette zone rouge commence à se former, on voit le lambeau et son aréole s’enfermer au-dessous du niveau de la plaie. Le lendemain, la zone rouge de la veille a pris une coloration grise nacrée et une nouvelle aréole lisse et rouge s’est formée tout autour et ainsi de suite. Un ilot cicatriciel est ainsi formé et peu à peu les parties centrales deviennent graduellement plus blanches. Les phénomènes qui se passent autour d'une greffe sont done semblables à
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ceux qui se passent sur le bord d’une plaie en voie de cicatrisation.
Pendant ce temps que devient le lambeau transplanté ? cela varie suivant les cas ; tantôt, en effet, il reste longtemps blanc et saillant, facilement reconnaissable ; tantôt, au contraire, la desquamation abondante qui se fait à sa surface, le met rapidement de niveau et on ne peut plus le distinguer.
La succession des phénomènes, la rapidité avec laquelle ils se produisent, la marche des ilots, varie du reste beaucoup. En général cette marche est parallèle à celle de la cicatrisation marginale : plus celle-ci se forme rapidement, plus les ilots se développent vite.
Le procédé de Reverdin a subi quelques modifications.
Pollock, au lieu de déposer les greffes à la surface, faisait une incision et déposait les oreffes dans le sillon.
Durham, chirurgien anglais, employait un procédé ingénieux ; il taillait de petits lambeaux sur les bords de la plaie, les tordait et rabattait sur la surface ulcérée.
David Fiddes, autre chirurgien anglais, greffait, au lieu de lambeaux dermo-épidermiques, de simples écailles d’épiderme, qu’il prenait en raclant la peau, et il a obtenu, paraît-il, des succès ; il est peu probable qu'il ait pris du tissu corné pur, comme il a prétendu, car tous les auteurs qui ont essayé de greffer du tissu corné, pris sur la paume de Ia main ou la plante des pieds, ont échoué.
M. le professeur Ollier avait observé que les résultats obtenus avec les lambeaux de quelques millimètres étaient souvent mauvais, que la cicatrice était fragile et se laissait détruire sous l’influence de la moindre irritation, et il proposa en 1872, de tailler les lambeaux plus longs, de 3 à 6 centimètres, et plus épais.
M. Ollier prétendait qu’il était plus facile de maintenir
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AS Fo lambeaux, qu'ils avaient plus de chances d’adhérer aux bourgeons, et que l'on pourrait même re- | ouvrir la plus grande partie de la plaie ; la cicatrisation ù . était plus rapide et la cicatrice était plus solide et pouvait | | € remplir le rôle d’une véritable peau. » On lui objecta #0 que l'opération était douloureuse et assez grave, que la vi ni faite à la peau pour prendre les greffes, se cicatrisait ? difficilement et pourrait amener des complications dangereuses, que les lambeaux, grâce à leur élasticité, diminuaient de moitié dans les jours suivants, que le À re succès était incertain et que l’on ne pourrait pas recom- | c encer en cas d'échec. k | Le procédé à grands lambeaux a trouvé peu de partisans, croyons-nous, et l’on continua généralement à * employër le procédé de Reverdin. Cependant, le procédé de M. Ollier était un progrès, la première amélioration apportée à la technique opératoire et nous verrons plus loin que Thiersch emploie aussi les grands lambeaux ; mais, 1 M. Ollier, comme tout le monde, continua à : épargner les bourgeons charnus, et par là son procédé ne mettait. pas plus à l’abri de la réulcération que les autres. Le manuel opératoire était simple; on se servait de l’ancien couteau à cataracte, à large lame plate. « La peau est tendue avec les doigts et le couteau appliqué paralëlement à la surface. Une fois la lame introduite audessous de l’épiderme dans la portion superficielle du derme, M. Ollier imprime à l'instrument un mouvement rapide de va et vient. De cette façon et avec un peu d'habitude on enlève rapidement de longues bandelettes de quelques centimètres. »
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La facon de procéder de Reverdin est décrite en peu de mots dans l'observation citée plus haut; donnons-là tout au long. $
Cest à la face interne de la jambe que je prends ordinairement mes lambeaux; avec le pouce et l'index, je tends bien la peau sur la surface plane du tibia et j'introduis alors la pointe d’une lamcette à saignée un peu large, parallèlement à l'os, à une très petite profondeur, à 1/2 millimètre environ ; je pousse ma lancette, toujours parallèlement, et sa pointe ressort à 3 ou 4 millimètres plus loin ; en continuant à pousser, le petit lambeau achève de se couper sur les bords de l'instrument. La petite plaie est le siège d’une fine rosée sanguine. J’applique ma lancette chargée de sa greffe sur les bourgeons charnus que j'ai choisi et je fais glisser sur eux le lambeau avec la pointe d’une épingle ; il se trouve ainsi en rapport avec les bourgeons par sa face profonde ; je m’assure en Île faisant un peu cheminer de côté qu'aucun de ses bords n’est enroulé, car il est nécessaire qu'il soit bien complètement étalé. Ce résultat une fois obtenu et toutes mes greffes en place, je les recouvre de bandelettes de diachylon qui ne sont enlevées qu'au bout de 24 heures. (Reverdin. Archives générales de Médecine, 1872.
Les instruments îes plus divers ont servi aux chirurgiens pour prendre les greffes : la lancette à saignée, les ciseaux, laiguille à séton, le couteau lancéolaire, etc ; Crisp, de Londres, inventa un instrument spécial, « composé d’une paire de ciseaux courbes au côté concave desquels était adapté une pince courbe » ; on commençait par ouvrir les ciseaux, la pince s’abaissait, et prenait un pli de la peau ; on les fermait ensuite, la pince soulevait la partie saisie, qui était alors sectionnée.
Pour maintenir les greffes, on se servait généralement de bandelettes de diachvlon : ce pansement avait un dé-
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: vait parfois qu’en “changeant le ne on enlevait …"les: greffes ; pour éviter cet accident, on a pansé les plaies
pons d’ouate, de petites plaques de bois, etc. = Le pansement était changé tous les jours ou tous les deux jours. L'opération était presque indolore, et les ma- < F lades l'acceptaient volontiers ; : on a eu bien rarement É” recours à l’anesthésie locale ; le procédé de M. Ollier nécessitait l’anesthésie locale et c’est encore un reproche qu’on lui a fait, la réfrigération pouvant compromettre la vitalité des lambeaux.
sureux-mêmes pour décider des malades pusillanimes à
amputés et même sur des cadavres, mais le plus souvent on les prenait sur le malade lui-même ou sur une personne complaisante, de préférence jeune ét bien por-
+ . tante ; cette manière d'agir a été condamnée par Czerny, qui nc des cas de tuberculose pulmonaire transmise
puissent transmettre la tuberculose, mais, par prudence il est bon encore aujourd’ hui de ne pas les prendre sur
a été quelquefois transmise par les greffes, et cela n’a rien qui nous puisse surprendre.
La petite plaie qui résultaitde l'enlèvement de la greffe guérissait toujouts très simplement.
avec du parchemin, de la baudruche, du taffetas, des tam-
Il arriva à plusieurs chirurgiens de prendre les préfred
se laisser opérer. On lesa encore prises sur des membres
par les greffes ; il est permis de douter que les greffes
des membres amputés pour { tumeur blanche. La syphilis: