‹ La Greffe de ThierschChapitre 7 sur 14 · LE · texte numérisé non relu

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Le procédé de Reverdin a trouvé de multiples applica- *

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Jacenko, de Kiew, s’occupa l’un des premiers de poser les indications de la greffe ; il la croyait indiquée « quand il manquait une grande quantité de peau et que la cicatrisation ne pouvait pas se faire ; dans les ulcères calleux de la jambe ; pour éviter une trop grande tension de la peau, par exemple dans les lambeaux d’amputation avec revêtement cutané insuffisant, dans les cicatrices rétractées ; on extise alors la cicatrice et on applique la greffe sur la surface bourgeonnante, et pour la réparation des désordres produits par la gangrène. » Reverdin ajouta d’autres indications : dans les brûlures et plaies siégeant près des articulations, des extrémités, de la face, du cou, de la bouche, des paupières, etc. ; dans les plaies rebelles à la cicatrisation, dans les plaies à cicatrisation lente comme celles qui avoisinent les articulations, etc. On a encore guéri parce moyen des syphilides ulcéreuses, des chancres, et même des ulcères cancroïdales.

Hamilton prétendit que la greffe pourrait, dans certains cas, être préférée à l’autoplastie.

Ces auteurs et quelques autres ont voulu donner à la méthode de Reverdin une large place dans la pratique chirurgicale, mais, leur enthousiasme n’était pas partagé par la majorité des chirurgiens.

Quelques chirurgiens, sans contester absolument l’utilité des greffes, prétendirent que les soins que l'on mettait à faire les pansements étaient pour beaucoup dans la réussite de l'opération ; d’autres ont nié, carrément, sans preuve à l'appui, toute utilité à la nouvelle méthode

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et prétendirent que des rondelles de diachylon ou tout autre corps étranger produirait le même effet, donnerait lieu à la formation d’ilots cicatriciels, sans exposer le malade à l’érysipèle ; cette crainte d'ouvrir une porte à l’érysipèle, en faisant l'emprunt d'un petit lambeau à la peau du malade, ne s’est jamais réalisée. L'action propre des greffes a été mise hors de doute par les succès obtenus avec des lambeaux greffés sous un verre de montre.

Cette méthode a donné des insuccès nombreux, cela va sans dire, que nous savons déjà à quoi il faut attribuer; mais, que de résultats étonnants! La première observation en est un bel exemple et je me dispense d’en citer d’autres.

Il nous serait très difficile de parler des avantages et des résultats qu’a donné cette méthode, que nous n'avons jamais vu appliquer, si des observations nombreuses n’en faisaient foi ; ces observations nous permettent mieux de nous faire une idée de ce que valait cette méthode que les apréciations, moins impartiales, qui les accompagnent. |

La greffe, nous l'avons dit, échouait presque toujours, quand la plaie suppurait abondamment, quand la couche de bourgeons était en mauvais état ; par contre, l’insuccès était rare quand on attendait le moment favorable pour opérer, que la plaie fut recouverte d’une belle couche de bourgeons charnus de bonne nature. Cette opération exigeait donc pour réussir, une préparation souvent très longue, du malade.

Ce procédé de cicatrisation s’est-il montré supérieur aux procédés analogues employés à la même époque ?

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: Pouvait-on hâter la cicatrisation par les greffes quand elle était commencée, ou la faire apparaître dans les cas où tous les traitements avaient échoué ?

La rapidité de la cicatrisation était un avantage incontestable de la greffe dermo-épidermique à grands ou petits lambeaux ; cela seul suffirait pour justifier son emploi. Par ce procédé on a souvent obtenu en 30 jours, moins encore, la guérison de plaies qui auraient mis plusieurs mois à se réparer par les procédés ordinaires.

Pour juger de la rapidité de la cicatrisation par lemploi des greffes, nous avons des observations concluantes de plaies multiples, d’égales dimensions, chez le même malade, traitées comparativement par les greffes et par les procédés alors en usage ; on voit les premières guérir plus vite que les autres. «

La cicatrisation était naturellement d'autant plus rapide que les greffes étaient plus nombreuses. La greffe w’agissait pas seulement sur son voisinage immédiat pour déterminer la formation d’ilots 5, 10 fois plus grands qu’elle, elle exerçait en outre une influence curieuse sur la cicatrisation des bords de la plaie, qui était plus active

au voisinage de la greffe qu'ailleurs ; « la cicatrice des.

bords, dit Reverdion, pousse souvent in prolongement vers la greffe et tend à s'unir à elle ». L’ilot aussi, quand il était situé près d’un bord, s’allongeait de ce côté, tandis qu’il restait circulaire quand il était bien au centre de la plaie.

La greffe dermo-épidermique a donné de beaux succès

dans le traitement des ulcères de jambe et des brûlures ;:

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on à guéri par ce procédé de vieux ulcères rebelles à tous les traitements.

Les autres avantages que l’on a attribué à la méthode sont contestables ; il n’y a pas de doute que l’on ait obtenu souvent une cicatrisation très rapide, et la guérison de plaies rebelles, mais, il est permis de douter que la cicatrice ainsi obtenue fût plus souple et plus résistante que celles qui se formaient naturellement. Ce procédé n’empêchait pas, comme on l’a prétendu, la rétraction des plaies.

Les résultats immédiats étaient bons, quand on opérait au moment favorable ; la cicatrice se formait dans un temps relativement court ; le malade était guéri, mais ce n'était qu’une guérison apparente dans la majorité des cas ; la plaie ordinairement se réulcérait, pour peu qu’elle fût tiraïllée ; c’est qu’au-dessous de la cicatrice, les bourgeons charnus continuaient à se rétracter, « obstruant les vaisseaux capillaires et diminuant la résistance de la greffe en la privant des éléments nécessaires à sa vie ».

On se rappelle que la cicatrisation se formait autour des greffes, en même temps que les bords de la plaie se mettaient à cicatriser; or, quand la cicatrice s’ulcérait, c'était toujours la cicatrice des bords la première détruite ; les ilots formés autour des greffes étaient doués d’une résistance singulière et on signala des faits où ces ilots avaient été épargnés par un érysipèle qui avait détruit tout le reste ; un ulcère cancroïdale fermé par l'emploi des greffes récidive, et chose extraordinaire, les ilots correspondant aux greffes restent intacts ; dans un Cas, par mégarde, on cautérise les greffes avec un crayon de ni-

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trate d’argent, les greffes ne continuent pas moins à se développer.

Le processus histologique préoccupa beaucoup les chirurgiens.

L'hypothèse la plus simple qui se présente tout de suite à l'esprit pour expliquer laction des greffes, c’est celle de la multiplication des cellules du lambeau transplanté. Il n’en est rien ; deux ou trois auteurs seulement ont observé la multiplication des cellules du corps de Malpighi ; pourtant, certains faits cliniques semblent donner raison à cette hypothèse ; Pollock ayant greffé de la peau de nègre sur un blanc, a vu le lambeau grandir sans changement de couleur. Il faut ajouter qu’au bout de quelques semaines, le lambeau perdait sa couleur et devenait blanc. On a démontré que cela ne prouvait pas que les cellules se soient multipiiées.

N'ayant jamais observé la multiplication des cellules du lambeau transplanté, les observateurs ont attribué à la greffe une sorte d'action de présence, mal expliquée, que lPon a appelé tour-à-tour, force catabiotique, force horaœoplastique, analogie de formation ; en vertu de cette action, les cellules embryonnaires des bourgeons charnus se transformeraient en cellules épithéliales. Cette action serait exercée, pour les uns, par l’épiderme, « seule partie active des greffes », dont les cellules «offriraient aux cellules embryonnaires un modèle sur lequel ces cellules, vu leur indifférence se mouleraient, pour former de l’épiderme » ; et pour les autres, par le derme. :

David Fiddes avait prétendu que les cellules cornées

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