La greffe après culture in vitro
Depuis longtemps déjà ceux qu occupait la greffe animale étaient à la recherche d'une technique qui permit, grâce à certaines modifications chimiques ou physiques d'un tissu préalables à sa transplantation, de diminuer les réactions de l'hôte à l'égard du différentiel d'individus. Bien que mise au point depuis plus de trente ans par HARRISSQN, BurRowS et CaR- REL, la culture in vitro n'a été exploitée que depuis peu dans le domaine qui nous intéresse (1).
À. Les faits.
1°) GASSUL, en 1022, cultive in vitro dans du plasma homologue de la peau de grenouille et l'implante quinze jours après chez une seconde grenouille de la même espèce. La grefle prend.
2°) Rhoda ERDMANN, en 1027, tente l’hétérotransplantation cutanée de crapaud à grenouille ; faite directement elle échoue ; mais si on place le fragment de peau dans un milieu de culture appro-
(1) Harvey Cusuinc, dès 1012, avait suggéré les avantages que l'on pouvait en attendre.
prié, contenant du plasma du récepteur en proportion croissante, on obtient au bout. de 20 à 24 jours. une bonne reprise du creHon. Il est donc nécessaire d'adapter pas à pas la peau aux humeurs hétérogènes avant la transplantation, et le temps nécessaire à la culture préliminaire in vitro est d'autant plus long qu'est plus éloignée la parenté entre le donneur et l'hôte. C'est ainsi que la peau doit être cultivée beaucoup plus longtemps lorsqu'on l'implante d'un crapaud à une grenouille que lorsqu'on opère de srenouille à crenouille.
7°) Expérimentant sur le chien, en’ 1034, STONE Owincs & GEY soulignent l'intérêt de la méthode appliquée aux homozgreffes de thyroïde et de parathyroïde entre adultes. Îls utilisent les chiens qu'un laboratoire peut avoir à sa disposition, c'est-à-dire qui n'ont aucun lien de parenté, qui sont même quelquefois de race ou de variété différentes. Lorsqu ils pratiquent la crefle directement, ils n'ont que des échecs, conformément à la loi générale. S'ils mettent le creffon en culture avant de l'implanter, ils obtiennent de nombreuses reprises (1).
En 1955, ils publient leurs premiers résultats cliniques. Voici leur technique :
Le tissu est prélevé aseptiquement (2), divisé en fragments de 1 mm à 1 mm 5, de diamètre et placé dans un milieu habituel de culture de tissus. Après
(1) Nous n'avons pu malheureusement nous procurer leur travail expérimental.
(2) Les auteurs ne précisent pas si c'est au cours d'une: intervention sur Le corps thyroïde ou les parathyroïdes qu'ils font leurs prélèvements, ou sur un cadavre frais.
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un jour où deux d'observation, pour s'assurer que la culture est vivante et non contaminée, on la transfère dans un nouveau milieu contenant du sérum et du plasma du récepteur. On l'y laisse deux à quatre semaines en renouvelant le milieu aussi souvent quil le faut. On place alors les fragments dans le tissu cellulaire sous-cutané de l'aîne ou de l’aisselle, près des Gros vaisseaux.
Leurs résultats sont intéressants.
1°) Tétanie parathyréoprive, secondaire à une thyroïdectomie, rebelle à tout traitement. Greffe de parathyroïde humaine après culture in vitro. Guérison complète depuis un an et demi. Reprise du travail.
2°) Tétanie spontanée sévère et typique. Greffe de parathyroïde humaine après culture in vitro.
Guérison depuis quinze mois. :
5°) Tétanie post-opératoire. Greffe de parathyroïde humaine après culture in vitro. Amélioration depuis cinq mois.
4°) Myxæœdème post-opératoire. Grefle de thyroide humaine après culture in vitro. Amélioration.
Il ne faut pas s'attendre évidemment à 100% de
succès et les auteurs signalent quelques échecs chez l'enfant dans Îles syndromes pluri-glandulaires.
B. L'interprétation.
Ce n'est pas à nous de discuter l'explication de ces faits. Elle se rattache à des problèmes qui nous sont beaucoup trop étrangers. Signalons simplement que
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pour CHAMPY « les cellules placées en culture font en sens inverse leur ontogénèse et reviennent à l'état embryonnaire en y mettant d'autant plus de temps que leur différenciation est plus avancée ». La culture des tissus nous placerait ainsi au bout d'un certain temps, par dédifférenciation progressive, dans les mêmes conditions que la greffe brephoplastique. d'où son succès (&)e
(1) Certains biologistes n’admettent pas un retour à l'état embryonnaire. Cette perte de {a différenciation cellulaire ne s accompagnerait pas d'un rajeunissement, mais consisterait uniquement dans la disparition des attributs fonctionnels et morphologiques de la cellule, dans une dépolarisation, le terme d'anamorphose (Benoit) paraissant plus exact que celui de retour à l'état embrvonnaire.