‹ La Greffe Hypophysaire: Étude Biologique et Résultats CliniquesChapitre 26 sur 77 · V. LES FACTEURS EXTRINSEQUES · texte numérisé non relu

V. LES FACTEURS EXTRINSEQUES

En dehors des questions de compatibilité cellulaire dont nous venons de parler, la greffe endocrine a de nombreuses exigences. C'est en les connaissant bien et en les respectant, en éliminant tous les cas où elles ne sont pas satisfaites que l’on mettra de son côté le plus d'atouts pour le succès.

l° L'âge.

a) Du donneur.

La creffe bréphoplastique mise à part, il est incontestable que l'âge du sgreffon importe à plus d'un titre. CARIDROIT et RÉGNIER (1) nous apprennent que les homosgrefles testiculaires ne doivent pas dépasser un an d'âge pour avoir le maximum de chances de

reprise.

Par ailleurs, ces auteurs ont réussi régulièrement (2) des greffes cutanées de poussin à poussin (au stade duvet) et une seule fois — sur un grand nombre d'expériences — d’adulte à adulte. De plus,

(1) -in Rocer et Biner, p. 178, t. XI.

(2) Revue Scientifique n° 2, février 1040, p.118.

OPPD

si l'on veut recourir à la culture in vitro, les cellules jeunes se différencient plus vite et leur aptitude à la multiplication est plus grande que les cellules adultes dont le déchet est plus considérable.

b) Du receveur.

Les testicules de poulets jeunes sreflés sur des coqs adultes prennent bien et deviennent spermatogènes. Greflés sur des chapons âgés de 7 ans, ils se

résorbent (1).

‘Chez l'homme les diverses tares pathologiques (syphilis, tuberculose), tous les attributs vasculaires (artériosclérose) ou humoraux (urée-cholestérine — présence de nombreuses immunisines) de la vieillesse sont un mauvais terrain pour une crefle qui, au plus vite, doit être pénétrée par des néovaisseaux et irriguée par un sang exempt, autant que possible, de toxines. C'est dire que les orefles dites de rajeunissement qui prétendaient à une restauration fonctionnelle d’un crefon hétéroplastique sur un organisme usé réunissaient vraiment toutes les conditions de l'échec.

Donneur très jeune ou jeune, receveur jeune ou adulte indemne de maladies chroniques, voilà Les conditions optima.

(1) Pezarb et Carinroir in Rocer et Biner, t. XL p. 178 et suivantes.

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2° La carence hormonale du receveur.

C'est là une condition première dont l'importance affirmée par CRisTIANI dès 1805 est aujourd'hui bien établie : il faut pour que le porte-grefle soit en « état de réceptivité » quil soit privé dans une certaine mesure de la sécrétion correspondante.

Hazsrep, CRISTIANI avaient fixé à 50 % au moins le taux du déficit glandulaire nécessaire. C'est [à un minimum, Cette « faim d'organe » (COURRIER) crée non seulement — par des voies dont nous ne connaissons d'ailleurs rien — un état indispensable à la reprise du greffon, mais encore elle stimule son fonctionnement. Îci encore se vérifie l’aphorisme de notre Maître le Professeur TOURNADE : le trouble à compenser est l'excitant spécilique du mécanisme

correcteur.

Par contre, une carence totale en hormone serait plutôt néfaste, la crefle pouvant disparaître alors rapidement, « comme dévorée par les exigences organiques » (LericHe). Ceci est surtout vrai pour les parthyroides. Pour l'hypophyse, il ne semble pas en être ainsi, la greffe pouvant très bien reprendre et fonctionner après hypophysectomie totale.

La contre-épreuve de ces faits est aisée à fournir : si le besoin hormonal est nul où insuffisant, la orelle échoue. C'est ainsi que CRISTIANI voit les creffes s atrophier lorsqu'il donne à ses animaux des pastilles de corps thyroïde. L'organisme refuse tout surcroît hormonal,

PU pa

Il est cependant deux cas où la grelle reprend malgré l'intégrité de la glande correspondante d'A bord lorsqu'on utilise Ja creffe bréphoplastique qui — tout au moins pour la thyroïde et les surrénales (MAY) — ne paraît nullement affectée par l'existence d'une glande homologue saine. Ensuite, lorsqu on choisit comme lieu d'implantation la chambre antérieure de l'œil (Voir p. 81 les expériences de HATE- RIUS SCHWEIZER et CHaRiPPER sur la greffe hypophysaire).

Le surprenant potentiel d'adaptation et de développement des tissus embryonnaires dans le premier cas, les qualités idéales du site choisi dans le second, peuvent expliquer ces faits. Mais si vraiment l'organisme n accepte pas de « sécrétion de luxe » il doit arriver un moment où l’une ou l’autre de ces clandes entre en repos et s'atrophie. Les auteurs ne nous fixent pas sur ce point.

3° Le siège de la greffe.

Chez l'animal, presque tous les tissus de l'organisme ont été tour à tour utilisés. Beaucoup l'ont été égalément chez l'homme. Le nombre considérable des expériences et des observations cliniques permet aujourd hui de faire le point.

Et d’abord quelles qualités doit-on exiger de ce

siège ?

a) La première est que l'implant brusquement privé de sa vascularisation puisse y trouver les élé-

po

ments nutritifs qui, par imbibition, préviendront sa nécrose en attendant que soit réalisée la « soudure » avec les vaisseaux néoformés de l'hôte.

b) La deuxième est qu aucune compression, aucun frottement qui pourraient compromettre son libre développement ne s'exercent sur le oreffon.

c) La troisième est que, tout en étant bien vascularisé, il ne doit pas saigner : le moindre caillot est un obstacle au cheminement des néovaisseaux et empêche à tous coups la reprise du greffon.

Le lieu qui réunit le mieux toutes ces conditions est sans aucun doute la chambre antérieure de l'œil. Le creHon trouve en effet dans l'humeur aqueuse un milieu nutritif excellent qui [ui permet de passer [a phase critique. Puis, il s’accole à l'iris — expansion antérieure de la membrane vasculaire de l'œil — qui le vascularise abondamment. May obtient par cette technique presque 100 % de succès (si)

(1) CoLLaRD a implanté dans la chambre antérieure de l'œil de coqs. et de chats des testicules jeunes chez des impubères préalablement castrés. A Îa puberté, le volume du orefon augmente considérablement et peut occuper toute la chambre antérieure de l'œil.

Il est de plus parfaitement fonctionnel comme en témoignent la croissance de la crête et la présence de spermatozoides vivants 453 jours après l'opération.

HS 7 VOneE

On ne peut malheureusement songer à l'utiliser chez l'homme (1). De même, le cerveau, la rate (Paye), le parenchyme rénal, le testicule (GARDNER & Hi), quoique très bons milieux d'expériences, doivent être systématiquement écartés en pratique humaine.

Restent : le tissu cellulaire sous-cutané, le muscle, l'épiploon et le péritoine, la creffe par suture vasculaire, la moëlle osseuse et Ja capsule fibreuse du rein.

Le chirurgien hésite trop souvent à fixer son choix pour que nous ne signalions pas les avantages et les inconvénients que chacun de ces lieux comporte.

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