‹ La Greffe Hypophysaire: Étude Biologique et Résultats CliniquesChapitre 68 sur 77 · INTERPRETATION DES RESULTATS INDICATIONS DE LA METHODE · texte numérisé non relu

INTERPRETATION DES RESULTATS INDICATIONS DE LA METHODE

La lecture des observations que nous avons rapportées montre clairement que l'action de Ja grelle hypophysaire est surtout nette dans les syndromes où l'hypophyse est seule responsable de l'apparition des troubles, dans les syndromes hypophysaires purs, c'est-à-dire essentiellement la maladie de Simmonds et les insuffisances génitales primaires d'une part, le diabète insipide d'autre part.

Dans plus de la moitié des cas de maladie de Simmonds, le résultat peut être considéré comme excellent; dans un quart des cas, comme assez bon. Sans doute serait-il facile, ici encore, de dire que ces maladies de Simmonds ne sont autre chose que des anorexies mentales qui auraient tout aussi bien guéri par une cure de repos et de réalimentation progressive. Les observations de Vocr (n° 40) et de JENTZER (n° 41), où tout avait été tenté au point de vue hormonal, physiothérapique et hygiénique, infirment cette hypothèse, Elles montrent, comme les suivantes (obs. 42 à 46) que là où les préparations hypophysaires de toutes sortes (urinaires, sériques ou proprement glandulaires) avaient échoué, la creffe peut encore réussir.

Si l'on tient compte de l'innocuité de la crelle, de la gravité de la maladie et de l'échec fréquent de toute thérapeutique médicale, on peut, croyons-

nous, avancer que Ja transplantation hypophysaire constitue à l'heure actuelle la thérapeutique de choix de la maladie de Simmondés.

Dans le diabète insipide, les guérisons durables sont moins fréquentes. Néanmoins, sur 15 cas, deux (obs. 2 et 8) étaient encore guéris deux ans et deux ans et demi après la crefle: deux (obs. 1 et 13), un an après) : deux (obs. 6 et 0) ont été guéris pendant un temps que l'auteur ne précise pas. Les autres cas ont été guéris de Façon temporaire, de quinze jours à quatre mois et demi.

Deux points nous paraissent dignes d'être SIiONa-

lés A

a) Parlois (obs. 3), l'effet de la crelle, bien qu éphémère, « mordance » en quelque sorte l'action des extraits de pituitrme qui deviennent agissants [à où ils ne l'étaient pas ou le sont à plus faibles doses — ou sous la forme de simples prises nasales — Jà où deux ou trois injections quotidiennes étaient nécessaires.

b) Parlois aussi (obs. 14), après un temps plus ou moins long pendant lequel le diabète a paru guéri, on voit la diurèse s'élever à nouveau, mais sans atteindre les chiffres antérieurs. Et dans l'obs. 15, les auteurs parvinrent à réduire, par échelons successifs, de 58 litres à 5 litres et demi la quantité d'urines émise par leur malade (8 grefles en deux ans).

Ne sont-ce pas Jà, dans l'ensemble, des résultats très appréciables, si l'on songe à la sujétion que re-

présentent pour le malade les injections répétées d'extraits posthypophysaires et au souci financier qu'elles comportent ?

Les autres syndromes que l'on range habituellement dans le cadre des insuffisances hypophysaires — nanisme hypophysaire, syndrome adiposo-génital — ne sont pas à la vérité des affections proprement hypophysaires : ils relèvent d'une étiologie moins précise, où interviennent, primitivement ou secondairement, d’autres olandes endocrines (thyroïde, thymus, surrénales peut-être) dont {a part de responsabilité n'est pas encore exactement fixée. Aussi, ne doit-on pas s'étonner que la orefle aussi bien que les autres thérapeutiques hormonales ou physio thérapiques ne suflisent pas à modifier de façon importante des métabolismes si complexes, el ne puissent que les améliorer.

En résumé, dans l'état actuel de la question, or

peut, croyons-nous, conclure

1° Que la greffe hétéroplastique d'hypophyse est plus active que les diverses préparations injectables dont on dispose aujourd hui et qu'elle mérite d'être

tentée [à où celles-ci ont échoué :

pe Que les cas de crefle bréphoplastique sont encore peu nombreux (Vocr : maladie de Simmonde obs. n° 40, et nous-même : syndrome adiposo-génital n° 8), mais laissent bien augurer de l'avenir.

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