‹ La Grève Dans Les Services PublicsChapitre 12 sur 29 · LL ÉMIS · texte numérisé non relu

LL ÉMIS

les chefs, mais timidement. Elles sont encore pleines de déférence. De son côté l’administration ferme les yeux ; si elle voit, elle fait comme si elle ne voyait pas ; en un mot elle tolère. C’est qu'encore le mouvement n’a pas d'importance ; elle voit qu’elle tient individuellement les plus remuants qui se gardent bien de dénier son autorité.

Au moment que nous avons dit, un changement se produit. De plus en plus, les groupements d'agents des services publics deviennent strictement professionnels ; ils perdent leur caractère amical. Tout ce qui intéresse l'amélioration de la situation matérielle morale, des agents les préoccupe. Les amicales deviennent des syndicats. Conscients de leur force, ils cherchent auprès des pouvoirs publics du Parlement des appuis qu'ils ne trouvent pas dans l’administration. Le gouvernement ne paraît pas mal disposé à leur égard et à certains d’entre ces groupements nouveaux, il ne refuse ni ses encouragements, ni sa sollicitude (1). Heureux de ces résultats, les groupements d'agents publics marquent une nouvelle étape, les groupements se groupent entr'eux, des fédérations se créent et même celles-ci tentent de créer unefédération nationale qui sera comme l'organe central de tous ces groupements (2),

(1) Voir circulaire du 20 septembre 1887.

(2) Cette fédération nationale comptait 215.000 adhérents en 1905.

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