‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 110 sur 436 · LA PATEE DES POETES · texte numérisé non relu

LA PATEE DES POETES

— Moï : Je me perds dans la généalogie de la gloire. Horace dit que, sans les poètes, Bacchus n'existerait pas; mais Béranger, plus naïf, rapporte au vin de Chypre l'origine des dieux :

Le vin de Chypre a créé tous les dieux.

En ce cas, c'est le vin aussi qui a créé les poètes.

En effet, quand les abeilles ont perdu leur reine, elles prennent dans la première alvéole venue un ver quelconque, et d'un neutre elles font une reine... par la vertu d'une certaine pâtée.

Je ne dis pas qu'il en soit tout à fait de même des poètes. Mais pourtant ôtez a Horace son falerne, à Byron le Champagne et le soda-water, à Voltaire son café, et nourrissez Virgile pendant plusieurs années de ces châtaignes que son Amaryllis aimait tant : vous verrez que leur imagination ne sera plus si luxuriante.

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