‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 139 sur 436 · LA RÉPONSE DE LA TÈTE RONDE · texte numérisé non relu

LA RÉPONSE DE LA TÈTE RONDE

Ton cadre est magnifique, et ton symbole a de la nouveauté. Celte nuit noire, cette forêt sombre, ces deux cavaliers dont l'un parait à l'autre une ombre , le genre de pensées qui les occupent, ces tombes fermées, ces tombes entr'ouvertes, et, pendant qu'ils songent et s'inquiètent , la Nature dont on n'entend pas la voix, quoiqu'on y pressente une intelligence, ces oiseaux qui chantent, ces grands chênes qui s'entretiennent dans une langue qu'on ne comprend pas, et jusqu'à ces buissons qui chuchotent, tout cela est très-poétique assurément.

Mais mon cœur est blessé de la peinture que tu fais de moi. poètes, comme vous avez Tart d'exciter la passion! En t'entendant', une foule de blessures que j'avais négligées se sont rouvertes.

Je ne te demande pas pourquoi tu fais de moi \m cavalier : je serais plutôt une tète ronde. Mais pourquoi m'appelles^tu Heiinann, et me lransfbrme$-4u en Germain? Quaid vous nommez allégoriquemenl quelqu'un, vous autres poètes, quand vous nous baptisez, ce n'est pas au hasard.

Allons ! de par toi aussi , me voilà Allemand, me voilà nébaleax ! mes écrits sont des sphinx, et mes idées des énigmes.

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