‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 154 sur 436 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

SUITE

Il resta quelque temps sans répondre. Enfin il éleva la voix, et j'entendis ces vers :

« RELUGIO.

L'ombre venait, le soir tombait, calme et terrible. Hermann me dit : — Quelle est ta foi, quelle est ta Bible?

Parle. Es-tu ton propre géant?

Si tes vers ne sont pas de vains flocons d*6cume , Si ta strophe n'est pas un tison noir qui fume

Sur le tas de cendre Néant,

Si tu n'es pas une âme en l'abîme engloutie, Quel est donc ton ciboire et ton eucharistie?

Quelle est donc la source où tu bois?

Je me taisais ; il dit : — Songeur qui civiUses , Pourquoi ne vas-tu pas prier dans les églises?

Nous marchions tous deux dans les bois.

Et je lui dis : — Je prie. — Hermann dit : — Dans quel temple? Quel est le célébrant que ton âme contemple,

Et l'autel qu*elle réfléchit?

Devant quel confesseur la fais-tu comparaître? — L'église, c'est Tazur, lui dis-je, et quant au prêtre... —

En ce moment le ciel blanchit.

La Lune à Thorizon montait, hostie énorme ; Tout avait le frisson, le pin, le cèdre et l'orme,

Le loup, et l'aigle, et l'alcyon ; Lui montrant l'astre d'or sur la terre obscurcie, Je lui dis : — Courbe-toi. Dieu lui-même officie,

Et voici l'élévation.

ihO LA GRÈVE DE &AMAREZ.

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