CHAPITRE V
SUITE
J'eus de la peine à rompre, à mon tour, le silence. Je trouvais dans ces vers de la candeur, de la foi, de Témotion. Ce chant me paraissait comme une strophe du Coran, quand Mahomet, en voyant lever le Soleil ou la Lune, sent la grandeur d'Allah.
Mais la vérité fut plus forte en moi que Tamitié.
— Hélas! lui répondis-je, si tu te courbes devant Dieu, combien lu te redresses devant l'Humanité ! Je ne te demanderai plus si tu es ton propre géant. Mais je te demanderai si l'Humanité n'est pas à tes yeux une race de pygmées.
Oh ! songeur, puisque tu prends ce nom, tu viens, f^ans t'en douter, de lancer ton esquif contre le Genre Humain ; tu déverses, sans t'en apercevoir, l'outrage et le mépris à la nature humaine, et tu attaques ainsi Dieu lui-même.
Dieu a fait le monde, mais il a fait l'homme. L'homme est un roseau, mais c'est un roseau qui pense. Ne veux-tu pas que Dieu l'ait mieux traité que le loup ou l'alcyon ? H le fit à son image, affirme un vieux livre.
Oui, le monde est un temple, et Dieu s'y fait sentir; mais l'âme humaine aussi est un temple, et Dieu habite aussi ce temple, et il s'est fait Verbe dans ce temple, et c'est dans ce temple, dont l'autre n'est que le péristyle, qu'il faut surtout l'adorer. Hélas ! à quelle sourqç; as-tu bu?... Tu appelles cela RelHgio. Tu as bien fait de donner à celle pièce un nom latin, un nom antique; car c'est la