‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 157 sur 436 · LES YEUX SINISTRES DE LA LUNE · texte numérisé non relu

LES YEUX SINISTRES DE LA LUNE

J'attendais une réponse; mais le poète n'était pas en train de m'en faire une.

Au lieu dé suivre mon raisonnement, Hugo rompit brusquement le fil, en offrant à mon admiration d'autres vers où la Lune intervenait encore, mais d'une tout autre façon; et j'entendis cette plainte désolée, que tant de critiques ont citée comme le plus beau fleuron tic se^ Contemplations :

Maintenant que mon temps décroît comme un flambeau ,

Que mes tâches sont terminées ; Maintenant que voici que je touche au tombeau

Par les deuils et par les années ,

Et qu'au fond de ce ciel que mon essor rêva

Je vois fuir, vers Tombre entraînées, Comme le tourbillon du passé qui s'en va.

Tant de belles heures sonnées ,

Maintenant que je dis : — Un jour nous triomphons,

Le lendemain, tout est mensonge I Je suis triste, et je marche au bord des flots profonds

Courbé comme celui qui songe.

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