‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 176 sur 436 · CHAPITRE XVIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIIL

LE FANTOME MASQIE.

— Il y a ici quelque sorcellerie, dit une voix partie de la foule. Voilà trois fois que tout le monde a entendu des paroles que personne n'a prononcées. Que le citoyen Seigneuret, comme on l'en a prié tout à l'heure, nous explique ce phénomène !

— Formulez votre proposition, dit le président.

~ Eh bien , je demande qu'on nomme une Commission de cinq membres pour, séance tenante, nous faire un Rapport. Je désire, en outre, que le citoyen Seigneuret soit nommé président de cette Commission. Je ne suis pas un savant, moi; j'entends toujours parler de la Science, et je vois qu'elle n'explique rien.

— La proposition est-elle appuyée? dit le président.

Une foule de mains se levèrent.

La proposition , étant appuyée , fut mise aux voix et adoptée à une grande majorité.

Les Fantômes s'occupèrent de désigner la Commission. Personne ne voulait en faire partie. Il fallut faire violence à Seigneuret et à quatre autres savants pour les décider à obéir au vœu de rassemblée.

La séance fut interrompue, et je vis Seigneuret et ses collègues les autres commissaires se concerter dans un coin, pour régler les expériences auxquelles ils devaient se livrer.

Je considérai alors un à un tous ces Fantômes, et je m'aperçus avec élonnement que plusieurs avaient un masque sur la figure, ce que je n'avais pas remarqua* jusque-là. J'étais le seul à voir ce masque; car les autres Fantômes n'avaient pas l'air de s'en douter ; ils s'entretenaient avec ces personnes masquées comme avec des personnes naturelles.

Ces masques m'intriguaient. J'en avisai un qui se tenait assis à récart, et qui avait une attitude un peu théâtrale. Je me sentis attiré, malgré moi, à savoir à quoi il songeait; et, involontairement, m'étant mis en rapport magnétique avec lui, je lus dans son esprit comme il pouvait y lire lui-même.

C'est le phénomène que les magnétiseurs appellent la communication des pensées.

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