‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 219 sur 436 · COMMENT UNE REVENDICATION DE GOETHE ENGENDRA CAÏN · texte numérisé non relu

COMMENT UNE REVENDICATION DE GOETHE ENGENDRA CAÏN

Quand parut Manfred, Gœtbe le revendiqua au proflt de sa gloire. « On a pris mon Fausty » s*écriait-il dans un journal qu'il publiait à Weimar. Le texte même de Gœthe est trop curieux pour que je ne vous le cite pas :

« La tragédie de Byron intitulée Manfred a été pour moi un « phénomène surprenant, qui m'a très-vivement intéressé. Ce

« poète, d'an caractère intellectuel si extraordinaire, s'est ap- « proprié mon Faust^ et en a tiré le plas vif aliment pour son M homeur hypocondriaque. »

Goethe n'avait plus Thunieur hypocondriaque depuis qu'il reposait majestueusement dans sa gloire. Mais vous allez voir la malice qu'il réserve pour la fin :

« Il a fait usage des principaux ressorts suivant son propre « système , pour ses propres desseins ; en sorte qu'aucun d'eux « n'est resté le même. Et c'est particulièrement sous ce rapport <c que je ne puis assez l'admirer. 9

Byron fut troublé de cette accusation, qui semblait faire de lui pire qu'un imitateur» un adroit plagiaire.

Il était pourtant vrai que cette figure de Faust avait posé en sa présence avant qu'il conçût Manfred.

Lewis, l'auteur du Moine (Monk-Lewis, comme on l'appelait), se trouvant avec Byron en Suisse, lui avait traduit de vive voix une partie du Faust de Goethe.

Il ne pouvait nier ce fait. Cependant il sentait que ce n'était pas de là que venait son inspiration.

Chose merveilleuse ! c'est à cette revendication de Goethe que nous devons.... Gain !

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