‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 220 sur 436 · LIVRE III. 2S · texte numérisé non relu

LIVRE III. 2S

^nc, le plus généreux des hommes, mais aussi le plus

geur :

« Quand je vis pour la première fois la critique de mes Heures de Loisir^ je devins furieux ; je fus pris d'une colère comme je n'en ai pas ressenti depuis. Je dînai ce jour-là avecScrdope Davies, et bus trois bouteilles de bordeaux pour noyer ma rage ; mais cela ne fit que l'augmenter. y>

a Ah ! dul-il dire dans son esprit à Goethe, tu crois donc ue Satan t'appartient , qu'il est ta propriété! Il ne sera errais à personne de toucher à Satan ! Tu as tiré Téchelle près toi; et maintenant que tu te reposes, la carrière e s'ouvrira devant aucun mortel ; ou , t'agitant sur ton trône, tu erreras : On m'a volé !

<( Et pourtant je me sens appelé à creuser plus profon- <3ément et plus glorieusement que tu ne l'as fait le mal cjui règne sur la terre et dans l'humanité.

«( N'est-il pas écrit dans certain vieux Livre dont tous

:«ious sommes sortis, qu'après avoir mis la main sur

TArbre de la Connaissance, l'homme doit conquérir

l'Arbre de la Vie ? Pas plus que toi je ne réaliserai cette

3)rophétie, je le sens trop au mal qui me dévore. Mais dût

ma poésie n'être qu'une aurore boréale flambant sur une

terre glaciale et déserte, elle éclairera les malheurs du

€enre Humain, et tout le mal qui règne dans la Création,

d'un tout autre éclat que le falot de ton Faust assisté de

Méphistophélès. )>

Et tout à coup, pensant au Paradise Lost, cette source où il reçut le baptême, il conçut Caîriy et s'écria :

« Je vois ma route, qui domine la tienne comme le pic

le plus élevé des Andes ou de l'Himalaya domine les montagnes du Hartz.

<( Qu'est-ce que ton Faust, et qu'as-tu fait du Satan de Milton?

<Y Tu Tas fait descendre jusqu'à la plus infime métamorphose.

(( Au lieu de l'Ange déchu avec ses ailes fortes et brillantes, de l'Ange luttant contre le Créateur, tu as fait apparaître un bouffon bien digne d'escorter un étudiant d'Heidelberg, et de lui servir l'ironie avec le punch ou le Champagne. Fi de ton vilain chien noir ! tu as encanaillé Satan !

c( Mais, je le jure, Satan reparaîtra dans sa vraie nature et sur son vrai théâtre , et ta comédie infernale ne sera plus que la petite pièce qu'on joue après la tragédie. »

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