‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 233 sur 436 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

^ A propos! je l'ai demandé, reprit la Voix dans Tombre, pour qui lu nous prends, nous deux que tu entends sans nous voir; je te le demande encore.

— J'y ai déjà pensé, et je n'ai pu me fixer à rien de solide. Je ne sais vraiment qui vous êtes. Il y a tant d'impossibilité à ce que vous soyez ce que j'imagine! Le mieux est de me taire. Je me fais, du reste, de vous, dans le sens qu'on appelle mystique , une idée bien étrange.

— Laquelle? demanda la Voix derrière moi.

— Toi qui parles derrière moi, tu es un Mâle, et tu es le Passé. Quant à elle , que j'ai devant les yeux sans la découvrir pour cela davantage... (seulement je sais qu'elle est Femme ; je m'en apercevrais à tout ce qu'elle dit, quand le timbre de sa voix douce , incisive , harmonieuse, ne trahirait par son sexe)... elle est V Avenir.

— Flatteur, à ton tour! dit la Voix dans l'ombre. Et elle ajouta malignement : Mais la Voix qui sort de la poitrine d'un autre?

— Oh! pour celle-là, répondis-je, elle n'est ni douce ni harmonieuse. Plus criarde qu'incisive, elle est du genre Neutre : c'est la voix du Présent , plus ou moins éphémère.

— Eh bien! expose clairement, si tu le peux, au Passé, au Présent, et aussi à l'Avenir, ce que c'est que Byron.

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