LIVRE III. Î
les travaux des hommes lui paraissent aussi futiles que l'ouvrage des fourmis qui soulèvent des grainis de sable. Ce n'est plus ni la terre ni le ciel des Chrétiens, unis entre eux par une chaîne à la fois humaine et divine, visible et invisible : espérance, foi, charité , terre et ciel , tout a disparu devant la solitaire contemplation de ce vaste océan de TÉtre où tout va s'engloutir. Et cette pensée de Tinfini fait fléchir ses genoux ; et il cherche à prier, et sa prière Tinonde de pleurs :
Hélas! pourquoi si haut mes yeux ont-ils monté I
Et il adore Dieu dans un tremblement continuel ; et il ne sait que répéter sans cesse que tout est vanité et que toute pensée est une erreur. Vous l'appelez Chrétien parce qu'il a pris à la Bible quel-: ques fleurs , au Christianisme quelques formes , comme il a pris à Horace ses continuelles images de l'incertitude de la vie. Mais son idée fixe est la terreur. L'univers pèse sur son cœur et l'accable. Tous ses chants sont plaintifs . comme les murmures de la colombe sous la serre de l'aigle. »
Cet aigle qui le tient sous ses serres , c'est la pensée unie de Shelley et de Byron.