‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 271 sur 436 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

SUITE

Hélas! poursuivis-je, la fréquentation de la Poésie de Byron avait quelque chose de si terrible, que je pardonnerais volontiers à M. de Lamartine.

Il s'est senti perdu , attaché à Byron ; et il s'est dédoublé, si l'on peut s'exprimer ainsi , dédoublé de son héros, de son second lui-même , qui , d'ailleurs , étant mort , ce pouvait plus l'inspirer.

Mais comment effectua-t-il son dédoublement?

Aux dépens de Sheiley.

Shelley fut la victime expiatoire, le bouc émissaire.

S'il n'avait pas eu Shelley, Lewis, Hunt, à accuser, comment aurait-il fait pour se séparer de Byron? Il avait besoin de faire de Byron deux parts : l'une, la mauvaise, dévolue à Shelley et consorts ; l'autre, la bonne, accaparée par lui.

Or cette bifurcation de Byron est absurde, et ce mépris pour des hommes du mérite de Hunt et de Lewis est ridicule. Que dirai-je donc de la présomption qu'il a eue de s'attaquera Shelley!

Il est vrai qu'il avait pour lui la Calomnie, et il en a profité.

Quelle attention a-t-il apportée à justifier sa mauvaise action ? Aucune. Est-ce que l'honneur d'un homme n'est rien? Est-ce qu'on peut faire bon marché de sa loyauté? Répondez, discutez, mais n'assassinez pas!

Heureusement, s'il a pu se dédoubler lui-même, il y a un dédoublement qui çst resté au-dessus de sa puissance.

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