‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 272 sur 436 · M. DE LAMARTINE ET LES JOURNEES DE JUIN · texte numérisé non relu

M. DE LAMARTINE ET LES JOURNEES DE JUIN

Je veux être juste, continuai-je , et plus que juste, clément envers M. de Lamartine

Et j'ajoutai entre mes dents : « Malgré tout le mal qu'il a essayé, qu'il essaye encore de faire au Socialisme, et celui qu'il a fait à la République. »

Mais tout à coup un souvenir me vint. Je demeurai silencieux.

— A quoi penses-tu? me demanda Hugo.

— Tiens! m'écriai-je, cela m'échappe; tu seras forcé de l'entendre.

J'ai les preuves les plus certaines, les plus indubitables^ que l'invasion de l'Assemblée au 20 Mai, les atroces Journées de Juin , et tant d'autres prétendues insurrections ou tentatives d'insurrections reprochées au parti populaire.... A propos! Carlier a laissé des Mémoires : pourquoi ne les publie-t-on pas? Si le traître a été sincère, on connaîtrait enfin, dans leurs moindres détails, tous ces Coups de police. Mais tu m'as fourni toi-même un fait bien curieux, et qui mériterait d'être consigné dans l'histoire. Ne me disais-tu pas, l'autre jour, que M. de Lamartine alla chez toi , à la Place Royale , la veille de la Pre^ mière des Journées de Juin , te dire : u Nous aurons une bataille demain. »

Sur quoi tu objectas : a Mais êtes-vous sûrs de la gagner? >»

Nous avons fait entrer quarante mille hommes dans Paris , fut sa réponse.

Vous avez manqué de la perdre, votre bataille! et, en fait, vous l'avez perdue, perdue de toute manière. Mais vous avez perdu aussi votre bataille en poésie!

Je parle de M. de Lamartine, ajoutai-je.

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