CHAPITRE XIII
SUITE
Mais peut-être cet échantillon ne te suffit pas.
Suppose que nous accompagnons I^^nthé dans sa course féerique. Nous sommes, avec elle, dans TÉther, au milieu des astres, en plein ciel de Newton et d'Herscbell, que jamais poète, pour le dire en passant, n'a décrit dans un plus merveilleux langage. La Fée, arrêtant son char, évoque TAme de la Nature :
tf Ame de la Nature I ici ! dans cet interminable désert de Mondes, à l'immensité duquel Timagination , toujours en essor , prend le vertige , ici est le temple qui te convient. Et pourtant il n'est pas jusqu'à la feuille la plus légère , tremblant au passage de la brise, qui ne te possède immanente en elle ; il n'est pas jusqu'au ver le plus abject, se cachant dans les tombeaux et s'engraissant sur le mort, qui ne. partage, comme ces soleils, ton éternelle haleine. Ame de la Nature , 6 toi impérissable comme cette scène, voici le temple qui te convient. »
Je laisse tout ce que, du parvis de ce temple, la Reine Mab fait découvrir à lanthé, et je reviens à la Divinité qu'on y adore... que dis-je! qu'on n'y adore pas :
« Ame de la Nature! Puissance qui suffit atout! Nécessité!... »
Ici je m'interrompis, et, me tournant vers Hugo :