‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 328 sur 436 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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çois le bout d'oreille de maître Cuvier et le fruit de ses leçons.

« De tout ce que la Terre a été oa peat encore derenir; de ce que les hommes dans leur vanité imaginent ou croient; ou que l'espérance se peint, ou que la souffrance achève, nous discourûmes. Et moi (car toujours enfin n'est-il pas sage de faire du mal le mieux?) j'argumentai contre le désespoir. Hais l'orgueil fil prendre à mon compagnon le côté le plus sombre. Le sentiment qu'il était plus grand que son Espèce a flrappé, ce me semble, son esprit d'aigle d'aveuglement, par la contemplation fixe de sa propre lumière, qui est excessive. »

— N'est-il pas étrange, dis-je m'interrompant , que ce soit Shelley, cent fois plus malheureux que Byron (quelle comparaison peut-on faire entre les déceptions de l'un et les chagrins de Tautre!), qui soutienne contre Byron la thèse du non^-désespoir ?

— Byron lut-il cela? demanda la Voix dans l'ombre.

— Assurément; mais pourquoi cette question?

— Ne trouvez- vous pas que Shelley met bien librement le doigt sur la plaie de Byron, l'Orgueil?

— Byron ne l'en aima que plus. Oh ! ces hommes étaient sincères. Au surplus, Shelley, avec toute la délicatesse de l'amitié, explique plus au long, dans la courte Préface qui précède cette Pièce, en quoi consistait, selon lui, l'Orgueil de Byron. Nous pourrons voir cela. Mais trêve de causeries ; Shelley seul a la parole :

«r Cependant le Soleil , avant de disparaître, faisait une pause sur l'borison des montagnes. Oh ! combien est beau le coucher du Soleil , quand la splendeur du ciel descend sur une terre comme toi, toi Paradis des exilés, Italie! sur tes montagnes, tes mers.

tes vignobles, et les monuments de tes cités, qu'elle eiieerde d'une auréole. C'était notre devoir de nous tenir sur toi, regardaat tout cela; et alors précisément, à l'endroit même où nous quittâmes l'étrier, les gens du Comte nous attendaient avec la gondole.

ft Comme ceux qui se bornent à un seul point de vue au milieu d'un riche paysage, nous nous arrêtâmes à regarder le couchant et la nappe d'eau qui s'étend entre la ville et le rivage , pavée de l'image des cieux. Les Alpes aériennes, avec leur tête de neige, apparaissaient du côté du nord, à travers un rempart de brume barrant l'horizon de l'est à l'ouest , et soutenant partout la voûte du ciel. La moitié de cette voûte, sur nos têtes, était plafonnée de nuages d'un riche blason : pourpre sombre au zénith , qui, se changeant par teintes successives, en descendant à l'ouest, prenait une couleur merveilleuse, plus éclatante que l'or en fusion, lorsqu'elle arrivait à la brèche où le rapide Soleil allait s'ensevelir, se reposant encore, dans sa descente, au milieu d'une troupe de montagnes ; — (c'étaient les fameux Monts Euganéens, qui, vus du Lido à travers les piliers du havre, semblent un archipel d'îles pointues); — et alors, comme si la mer et la terre avaient été dissoutes en un lac de feu , on vit surgir ces monts comme s'ils s'élançaient du sein de vagues de flamme autour du vaporeux Soleil , d'où sortit en ce moment un esprit de lumière , pourpre, si intense, qu'il lit leurs sommets diaphanes. »

— Un coucher de soleil qui efface non pas tous ceux que j'ai vus, mais tous ceux que j'ai lus, ne put s'empêcher de murmurer la Voix dans l'ombre.

— a Avant que tout s'évanouisse , dit mon compagncm , je veux vous montrer bientôt une meilleure station. — Nous glissâmes donc sur la lagune, et, penchant la tôte hors de cette barque fiméraire , je vis la ville , et pus remarquer combien , au sein de leurs lies nombreuses, dans la lueur du soir, ses temples et ses palais peuvent produire l'iUusion d'édifices enchantés qui auraient

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