‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 339 sur 436 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

SUITE

Quand j'eus terminé , il régna un silence que la Voix dans l'ombre rompit la première.

— Oh ! que Shelley a bien fait de dédaigner ce monde qu'il appelle /*m£{ par pur euphémisme (c'est méchant et cruel qu'il aurait dû dire), et de ne pas lui sacrifier sa femme, tout indigne qu'elle fût! Qu'il a bien fait de laisser la médaille dans la greffe de Gain !

— Virgile, dis-je, tout en déplorant les maux que l'infidèle Lycoris a causés à Gallus , veut pourtant que ses vers puissent être lus par elle :

Pauca meo G allô, sed quœ légat ipsa Lycoris.

— Malheureusement, continua-t-elle , au point de vue de l'Art, il en résulte que cette tragique histoire finit par une énigme...

— Qui n'en est une pour personne.

— C'est vrai ; tout Anglais, en lisant cette pièce, se dit: € Cette femme avait volé, elle fut condamnée à une peine infamante. » Et dès lors il n'y a plus d*énigme. L'Anglais, si fier de ses lois, peut même ajouter : a Le Chancelier s'en mêla, et , en enlevant à ce poète athée ses enfants, il lui ôta le droit de s'immiscer dans le sort de cette femme. »

Mais , à propos, cela me fait penser à une chose qui me tourmente : Gain, dis-moi, n'eut-il pas raison de le séparer d'une telle femme par force?

— Hélas! dis-je, Gain a souvent raison. Mais les hommes comme Shelley n'admettent pas la justice de Gain. Ils espèrent en faire venir une autre sur la terre.

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