‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 39 sur 436 · LIVRE II. i · texte numérisé non relu

LIVRE II. i

un squelette; son œil avait toujours la même vivacité, peut-être plus de flamme, et la grâce respirait encore dans ses traits. Elle avait toujours le même esprit, le même courage.... un peu trop belliqueux.

J'avais eu bien de la peine autrefois à lui faire chanter:

L'amoiu* est plus fort que la guerre!

Elle prenait donc sa revanche contre moi , là, près de ce tas de cailloux.... la cruelle!

Hélas! hélas!

Julien était toujours le même. Oh! je me rappelle le temps où Julien venait me consulter sur les chansons, sur les vers de celle qu'il aimait.... et qui ne voulait pas l'aimer. Cet amour, cette fidélité, que j'avais vus alors dans ses yeux, ne s'étaient pas démentis. Il venait demander à Jersey un peu de soleil pour la guérir de la France, de la Belgique, de l'Angleterre. Hélas ! le soleil ne la guérit pas, il n'eut pas le temps. Quand je les rencontrai ainsi, ils cherchaient un logement; ils étaient arrivés delà veille. La fatigue avait forcé Louise de s'asseoir là; il semble qu'elle m'attendait. On les conduisit le soir dans Colomberie ; elle se coucha, et ne se releva plus.

Julien est parvenu avec beaucoup de peine à se procurer assez d'argent pour faire transporter du rivage un gros bloc de pierre qu'il a mis sur sa tombe ! ! !

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