‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 4 sur 436 · LE RIVAGE DE LA MER · texte numérisé non relu

LE RIVAGE DE LA MER

C'était l'heure delà marée montante, L'ile en ce moment devient toute sonore. J'aime celte voix qui s'élève et s'a-

baisse alternativement comme le flot, mais qui ne s'abaisse jamais au point de discontinuer son éternel murmure. Cette sonorité du rivage me rappelle Homère et Leibnitz : le premier qui parle si souvent de la mer retentissante ; le second pour qui ce bruit de la mer est une des clefs de la Philosophie : « Quand on entend le bruit de lamer, dit-iU on n'entend qu'un seul bruit, et cependant on entend le bruit de cloaque flot et de tous les flots : il en est ainsi de toute la Nature; elle se réfléchit tout entière dans chacune de ses parties. »

J9 marchais donc comme le père de la belle Ghryséïs, (( silencieux le long du bord de la mer retentissante : « akéôn para thina polyphloisboîo thalassès. . . »

Gomme cette langue des Grecs, me dis-je, est sonore elle-même, et quelle différence avec le jargon sourd et ténébreux que j'entends ici !

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