CHAPITRE XXXV
Je me rappelai alors un fait qui m'avait ému la veille.
J'ai beaucoup de nids dans mon jardin. J'en avais un caché dans un laurier. C'était un nid de linots. On ne se serait jamais douté que sous ces larges feuilles, dans ce fouillis de branches, presque à terre, s'élevait une petite famille, dérobée à tout l'univers par l'instinct de deux oiseaux unis d'amour pour les nourrir et les faire croître.
Mes petits, qui avaient découvert ce nid, s'étaient bien gardés de le détruire, ni même de le déranger. C'était plaisir de les voir épier le moment où la mère linotte était envolée : alors ils s'approchaient doucement, et doucement écartaient les branches du laurier. Puis avec quel plaisir ils contemplaient la couvée!
•• Papa! ils ont des plumes, n me dit un jour Louis; «( mais ils ne mangent pas encore seuls. Nous avons vu c( la mère ce matin leur apporter un ver dans son bec. >»
Le lendemain je me promenais dans mon allée. J'aperçois ma chatte noire qui, d'un bond, fait une trouée dans le laurier. Je m'écrie, je cours, mais vainement. Quand