LIVRE II
j'arrivai, je ne vis plus que la trace d'un carnage récent, comme dit Herder.
Que pouvais-je faire? Battre ma chatte, la tuer ? c'est-à, dire faire comme elle?... N'avait-elle pas des petits aussi? N'avait-elle pas besoin de leur donner du lait? Toute la Nature n'est-elle pas ainsi? Pourquoi a-t-elle reçu en naissant des dents carnassières? Et puis ces linots ne mangent-ils pas mon grain? Je n'ai pas eu de pois cette année à cause de ces voleurs d'oiseaux!... Mais que dire à mes enfants, qui aimaient tant à voir ce nid?.... Je me contentai de leur dire que les petits oiseaux étaient envolés. — « Déjà! )» me dit Louis; et la petite Joséphine, qui suit toujours son frère, répéta : « Déjà! »
Voilà comme on meurt dans la Nature. On se mange; les forts mangent les faibles : c'est ce que jai déjà dit. Ou bien on meurt de vieillesse. Mais mes petits-enfants ne sont pas morts de vieillesse, et ils n'ont pas été, ce me semble, dévorés.
Qui donc me les a enlevés?