‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 89 sur 436 · CHAPITRE LXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXV

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J'insistai encore, et je me dis :

Prynne avait incontestablement^ moins d'imagination que Millon. Je ne peux pas bien juger ses vers; mais il est probable qu'ils sont très-inférieurs à ceux de l'auteur du Paradise Losl. Il n'a pas su concevoir un grand plan, plein de variété, et de nature à intéresser toutes les passions humaines. Il s'est borné à l'héroïsme Chrétien. Voilà donc pourquoi son poème n'est pas lu, tandis que celui de Milton est porté aux nues. Mais voyons! le poème de Milton est-il à lui, à lui seul? N'a-t-il pas eu des aides, des coadjuteurs? Pourquoi lui sont-ils sacrifiés?

Si Milton n'avait pas visité l'Italie, s'il n'avait point participé, sous bien des rapports, de la licence Italienne, s'il n'avait pas été voluptueux, sensuel, aurait-il fait son poôme? L'effet de ce poème ne résulte-t-il pas de ce qu'on sent le Tasse et l'Arioste, et Dante et Pétrarque, à travers le voile de la Bible?

. Voyageant en Italie dans sa jeunesse, il vit représenter à Milan une comédie intitulée Adam ou le Péché originel^ écrite par un certain Andrini. Le sujet de cette comédie était la chute de l'homme. Les acteurs étaient Dieu le

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