LIVRE II
Père, les Diables, les Anges, Adam , Eve, le Serpent, la Mort, et les sept Péchés mortels. Voltaire, en rapportant ce fait, ajoute : <( Milton découvrit, à travers l'absurdité €< de l'ouvrage, la sublimité cachée du sujet. )> Qui a dit à Voltaire que le drame de ce certain Andrini fût absurde? Ce qui est certain, c*est que Milton commença à traiter ce sujet sous forme dramatique. Il écrivit un mystère, un drame, comme depuis Byron a fait Caïn.
Puis, de ce drame il fît un poème épique.
Voltaire convient qu'il a pris dans le Tasse la description de l'Enfer, le caractère de Satan, le Conseil des Démons.
.< Mais, dit-il, prendre ainsi, c'est nourrir son génie et l'accroître de celui des autres, w
Bon pour le Tasse, qui a stirvécu et dont la gloire peut se défendre. Mais tous les autres que Milton a dévorés et qui sont oubliés, qui s'en souciera? et Milton s'^n est-il soucié? les a-t-il seulement nommés dans une préface?
On avait avant lui, sur ce sujet, une foule de poèmes Latins. Un homme d'un aussi beau génie assu^émeirt que Milton, je ne veux pas dire un aussi grand poète, Grotius couronna ce cycle d'épopées par son Adam^Exul. Milton en a fait largement son profit. 11 a eu l'avantage, Miltpn, d'écrire en langue vulgaire. Si son poème était en Latin, qui le lirait? Qui lit le poème de Grotius ?
L'Ecossais Lauder a prouvé, pièces en main, que MiU toD a pillé les trois mille vers Latins — de très-beaux vers, ma foi ! — du poème intitulé Sarcotheay d'un Jésuite Allemand nommé Masenius. On s'est moqué de Masenius e) de Lauder.