ONE
L'idée de grève générale violente faisait malgré tout du chemin parmi les Wallons. Les membres du conseil général, sans le dire ouvertement, s'inquiétaient au fond de la puissance qu’elle avait acquise en si peu de temps. Les ouvriers, tout entiers adonnés à la grève, n'allaient-ils pas délaisser le parti politique, si péniblement constitué ? Leur succès aurait été dangereux pour l'avenir même du P. 0. B.
La grève éclata le 13 mai dans les charbonnages de de Saint Vaast et de Braquegnies. Le 17 mai, dans le Peuple, Volders écrivait : « Le parti ouvrier a fait tout » ce qu'il a pu pourouvrir les yeux aux mineurs. À l'heure » présente encore il leur crie : casse-cou! ». Mais la grève s'étendait. Le 20 mai, le Cri du Peuple parlait de la « Guerre Sociale » en Belgique. « Demain sans doute, » disait-il, la grève sera générale dans tout le Borinage » et gagnera probablement aussi le bassin de Liége ».
L'armée intervint. Il veut des collisions entre ouvriers et soldats, ce qui exaspéra les mineurs. Le P. O. B. faisait son possible pour enrayer la grève. Dans les réunions, ses adeptes faisaient ressortir les dangers du défaut d'organisation. Dans un meeting du bassin de Liége, quelques jours après le commencement de la grève, « le citoyen Thouars, de Huy, appuyait les idées » du Conseil général et montrait les dangers d’une » grève générale non organisée au préalable. 1] invitait » les mineurs à se grouper fortement dans les syndicats
» et dans les ligues ouvrières ». Son contradicteur, en