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prison à Mons, ne pouvait pas lui répondre, Mais, disait le correspondant du Cri du Peuple, « les événements » qui ont eu lieu ces jours derniers ont produit une » grande effervescence et l'idée de la grève générale » gagne du terrain ».
L'agitation fut surtout violente à la Louvière, où un meeting avait proclamé la grève générale à la suite d'une collision des ouvriers avec la troupe. « L'idée de » la grève générale, disait le Cri du Peuple, dont les
» effets seraient terriblement puissants si elle devait
réussir, a... trouvé en peu de temps de nombreux
partisans. [1 est inexplicable que le Conseil général » n'ait pas été informé des progrès accomplis depuis le » congrès de Jolimont, dans cet ordre d'idées ». Les ouvriers s'armaient de revolvers et contraignaient leurs compagnons à cesser le travail. C'était vraiment une grève révolutionnaire. Dans beaucoup d'endroits se produisaient des explosions de dynamite. La grève s'étendait toujours. Elle gagna Le bassin de Charleroi. Seul le bassin de Liége restait calme encore. La grève générale fut votée dans des meetings à Cuesme, à Engies. Partout, sur toutes les portes, on lisait : Grève générale, écrit à la craie. Le 26 mai, le Cri du Peuple consacrait un article à la grève générale en Belgique. Il disait la cessation complète du travail dans le Borinage. « Dans le bassin de Liége, ajoutait-il, tous ceux » qui travaillent encore, sont presque tous gagnés par » l'idée de la grève générale ». Le 27 mai, parut dans
les journaux, la proclamation de Defuisseaux.
AP ri ess
» Compagnons!
» L'heure de la délivrance a enfin sonné!
» La grève noire s'étend d'un bout de la Belgique à l’autre. Aujourd'hui nous adressons la dernière sommation au Gouvernement et nous lui disons :
» Si dans huit jours vous n’avez pas dissous les Chambres. Si dans huit jours vous n'avez pas convoqué le peuple dans ses comices afin qu’il puisse nommer ses délégués à la Constituante. Eh bien! si dans huit jours vous n'avez pas fait cela, dans huit jours, le lundi de la Pentecôte, de tous les coins de la Belgique, le peuple marchera en masse sur Bruxelles ».
Le Parti ouvrier devait être fort embarrassé. Quelle altitude allait-il prendre, en définitive, en face de ce mouvement révolutionnaire? Le Cri écrivait : « Pour ne » pas S'avouer vaincus, les membres composant la majo- » rité du Conseil général ont fait voter hier une propo- » sition laissant à chaque corporalion le soin d'apprécier » si elle doit ou non prendre part à la grève générale ». Le Conseil général gardait une attitude de neutralité, de neutralité bienveillante, selon lui! Mais, il ne se faisait pas faute de critiquer cette grève conçue et exécutée sans plans définis. Il n’abandonnait nullement sa théorie de la grève légale, arme politique à laquelle on ne devait recourir que dans les moments graves, en l'absence de tout autre moyen d'action, que l’on devait soigneusement préparer et organiser, et non
pas décréter à la légère. Dans un meeting tenu à la fin