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ceux qui sont syndiqués et de ceux qui ne le sont pas, sur le principe de la grève universelle ».
C'était donc la grève universelle légale, pacifique que
préconisait le rapport. I la rangeait comme le P. 0. B. dans les « moyens légaux ». Ce refus général de travail, « fût-il de courte durée », ne pouvait manquer d'entraîner la transformation économique.
M. Briand avait fait voter le principe. I demanda qu'on laissât au prochain congrès international le soin d'étudier la question. Un délégué, Soldini, avait présenté cet amendement « Le congrès... adopte en prin- » cipe la grève universelle, et renvoie au congrès inter- » national de Zurich l'étude des voies et des moyens » qu'il y aura lieu de prendre en vue de l'application de
» la grève universelle ». On a déjà vu l'accueil que le
congrès de Zurich fit à la grève générale et à l'entente internationale.
Si la décision du congrès de Marseille rencontrait l'hostilité des pays étrangers, il n’en est pas moins vrai que le congrès fut une manifestation importante de la vie ouvrière. Il confirmait d’une façon éclatante les résolutions du congrès de Bordeaux. Devant cette confirmation, le parti ouvrier ne voulut pas s’incliner. Î] n'osa pourtant pas renouveler avec plus de force encore la résolution de Lille ni condamner la grève générale sans rémission. Dans son congrès (1), qui se tint à Marseille, il trancha la question de la grève générale en votant l'ordre du jour pur et simple. Et encore l'ordre du jour ne fut-il adopté que par 44 voix contre 26 sur 128 présents (2)! La question de la grève générale divisait donc le Parti ouvrier lui-même. Ces essais d'équilibre sur la corde raide ne pouvaient guère se prolonger.
On va voir qu'un autre parti politique avait fait bon accueil à la grève générale, qu'une autre organisation ouvrière était née : la Fédération des Bourses, qui admit immédiatement la grève générale dans son programme d'action. Le Parti ouvrier devait prendre
une attitude définitive : renoncer à sa puissance sur la
(1) Le 10° du P. O. EF.
(2) L. Blum, Les congrès ouvriers el socialistes français, vol. IL, p. 136, en note.
Fédération des syndicats, renoncer à être à la tête du mouvement syndical pour s’en tenir à son but politique de la conquête des pouvoirs publics ou adopter une attitude nettement favorable à la méthode de la grève. Le Parti ouvrier adopta la première attitude. La dislocation de la Fédération des syndicats, la constitution d'une Confédération générale du Travail, l'opposition chaque jour plus marquée de la grève générale à l'action politique par un parti ouvrier à tendances révolutionnaires, les essais de conciliation entre l’action politique et la grève générale, essais qui échouent définitivement au congrès d'Amiens, tels sont les événements qui s'ensuivirent et qui vont faire l'objet du