‹ La Grève GénéraleChapitre 31 sur 32 · ZONE · texte numérisé non relu

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nent un cruel démenti : de tout temps, il y a eu des inégalités sociales, et, si l'on a pu les adoucir, on n'a pas pu les faire disparaitre.

La grève générale, elle aussi, se heurtera aux faits. Les essais tentés ont été souvent plus que décourageants, et cette foi si vive, si ardente, cette foi presque mystique en sa venue, pourrait bien se ralentir.

Il est bien difficile cependant de prévoir l'avenir de la grève générale et il est impossible de la critiquer en elle-même. On ne peut que se demander d’abord, si une révolution ouvrière est possible, si l'on assistera dans l'avenir à une insurrection sanglante — et cela relève du domaine de la prophétie; ensuite, si la grève générale peut préparer cette révolution et la provoquer en entrainant les masses — et cela relève de la psychologie des foules. Il ne servirait à rien de dresser un tableau des difficultés innombrables qui s'opposent à la grève

générale (1). Les principales critiques devraient porter

(1) On peut faire remarquer toutefois le faible nombre des révolutionnaires. « On compte 41 millions de travailleurs répar- » tis sur toute l’étendue du territoire français. 950.000 seulement » sont syndiqués. Sur ce million, ou à peu près, de syndiqués, » 400.000 peut-être se rattachent à la GC. G. T. Mais 250.000 au » moins de ces 400.000 répudient les violences et les doctrines » révolutionnaires » (A. Pawlowski, La Confédération générale du Travail, p. 51).

Pour se rendre compte à quel point le mouvement révolutionpaire est superficiel, on peut faire état des impressions d’un-

syndicaliste militant, M. Griffuelhes. Il suffit de se reporter à son

sur sa durée possible. En admettant, pour un instant, que les masses soient capables, dans un moment d’enthousiasme, d'ébrauler la société présente, seraientelles capables de créer un régime nouveau? Voilà la question capitale, question qui met en jeu la conception

syndicaliste de la production et de la répartition.

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