‹ La grèveChapitre 33 sur 35 · RACINE · texte numérisé non relu

RACINE

En ce cahier de théâtre nous protestons de toutes nos forces contre la barbare exécution publiée dans la Petite République datée du mardi 24 décembre, pour l'anniversaire de Racine, sous la signature de M. Camille de Sainte-Croix :

Mais qu'il faut donc de talent à tous ces artistes pour maintenir acceptable la poésie effroyablement plate, veule et glacée de l'illustre Racine ? Ce n'est pas au lendemain d'une représentation de Peer Gynt et pendant les répétitions de Siegfried que l'on se sent prêt à la moindre complaisance pour ce grand surfait. Il y a, dans le répertoire tragique, cent auteurs qui le valent : Crébillon, Rotrou, Pradon, Lafosse, Raynouard, M.-J. Chénier. Ce n'est pas une raison pour exhumer ceux-ci. Mais c'en est une pleinement suffisante pour que l'on songe enffn à remiser sérieusement cet encombrant et superflu guignol qui porte ombre au monument du grand Corneille.

M. Camille de Sainte-Croix nous avait habitués à de la tenue. Il est fort aimable pour tous les contemporains. Il ne néglige, il ne maltraite aucun vaudeville. On pouvait espérer qu'il n'endossait pas sans réserve les quelques insanités froides énoncées Tan dernier par M. Bjoernstjerne Bjoernson. C'est aujourd'hui manquer de tenue que d'opposer aussi grossièrement Peer Gynt et Siegfried aux (ouvres franyaises. C'est manquer de tenue que d'opposer aussi grossièrement Corneille à Racine. C'est manquer de tenue que de reprocher à Racine la représentation aimiversaire iXAthalie, organisée dimanche dernier par l'Odéon.

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