ACTE PREMIER
au lit... D'ailleurs, monsieur Caillet, le médecin, me l'a conseillé.
Latour. — Me semble qu'il a raison... Tu sais bien ce que je m'acharne à dire, il est trop sérieux, il rêvasse trop, il lui faudrait du m'ouvement...
Madame Latour. — Mais où veux-tu qu'il joue?
Latour. — C'est vrai, ici, il n'y a pas de place... enfin, silence.
Latour. — Ali ben! à propos de parler, on a foutu à la porte un gars de l'usine.
Madame Latour. — Qui donc?
Latour. — Je ne connais pas... parait qu'il a voulu tuer le contremaître...
Madame Latour. — Le père Bizot! Et poui^quoi donc, mon Dieu?
Latour. — Rapport aux brutalités du père Bizot... On disait ça... tu sais, on fait quelquefois beaucoup de cancans pour rien... mais on en parle,
quoi. On frappe.
Madame Latour. — Entrez. Entre Guérin.
Guérix. — Bonjour. Faites excuse, si je vous dérange...
Latour. — Tiens, Guérin! Y a pas d'excuses, entre copains... Moniram une chaise — Assieds-toi là.
Gcsle de madame Lalour pour lui olTrir une chaise.
Guérin, qui prend hi chaise. — Nc VOUS tourmcntcz i3
Jean Hugues. — la Grève pas à cause de moi... J'en vaux point la peine, ii lii.
Pause.
GuÉRiN. — Je venais pour causer avec toi sur le scandale de ce tantôt.
Latour. — Pour la chose de celui qu'on a mis à la porte?
GuÉRiN. — Oui, paraît que c'est sérieux. On s'a causé.
Latour. — Tu prendras bien un verre?
GuÉRiN. — C'est pas de refus.
Latour. — Allons, ma bonne femme, va nous chercher du vin; ça te donnera des couleurs, n sourit.
Madame Latour. — J'y t^as, ivrogne. Elle sourit et sort.
Latour, à Guérin. — Alors comme ça... ii mange.
GuÉRiN, près de la fenêtre. — Yoilà. C'est un compagnon frappeur qu'allait au magasin. Là, il rencontre... Tiens, tu dois le connaître, le voilà dans la rue.
Latour, regardant dans la rue. — Ah mais! c'est le grand Lantier, un frère. Il ne refusera pas de trinquer avec nous. Ouvrant la fenêtre. Hé Lantier! monte donc boire un coup, je t'invite.
Lantier, dans la rue. — Bonjour, Latour; j'y vas tout de suite.
Latour. — Un gars avec lequel j'allais cueillir des mûres quand il était pas plus haut qu'un marteau à devant.