‹ La Grippe à Bourges: Contribution à l'étude épidémiologique, clinique, anatomique et bactériologique de la grippe épidémique de 1918 dans le centre de la FranceChapitre 10 sur 33 · APTE · texte numérisé non relu

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présent à la conversation, mais répond avec précision, parfois même avec vivacité aux questions qu’on lui pose.

La céphalée est constante, intense même dans les formes légères où elle est nettement disproportionnée avec la gravité de la maladie et le chiffre de la températuré, au point d’éveiller parfois l’idée d'une méningite. Elle est assez stable dans sa forme et dans sa localisation, continue et sans élancements; elle n’est pas spécialement influencée par le bruit ni par la lumière. Elle s'accompagne de phénomènes verligineux, parfois très prononcés dans les formes un peu fortes, mais sans atteinte de l’ouïe, ni bourdonnements d'oreille, Elle apparait comme un symptôme de début et s’atténue au bout des vingt-quatre premières heures, avant même souvent que la fièvre ne baisse.

La courbature est constante, intense, avec sensation de brisement et d'anéantissement. Elle nous a paru moins diffuse cependant que dans la grippe sporadique, et constituée surtout par des douleurs musculaires vives, spontanément et à la pression, et localisées à certains groupes de muscles de préférence à d’autres, tels que quadriceps, muscles de la nuque et muscles intercostaux. Elle s'accompagne fréquemment d'arthralgies à siège variable, surtout aux extrémités, sans manifestations objectives, et qui apparaissent parfois comme signes avant-coureurs précédant l'accès de grippe. |

La rachialg'ie est constante également et d’une intensité souvent particulière. C’est un des symptômes les . plus pénibles, et dont se plaignent les malades avec le

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plus d’insistance. Cette douleur lombaire, véritable coup de barre dans certains cas, oblige les malades à se coucher sur le côté, leur interdisant le décubitus. Cette courbature lombaire est même parfois si pénible, que les malades se lèvent à la recherche d'une attitude qui les calme, et on les trouve assis dans un fauteuil et restant [à malgré leur fièvre, en proie au vertige et ne sachant quelle position prendre.

Certains de nos malades, atteints de formes assez fortes, accusaient des soubresauts tendineux, surtout pendant la nuit. Deux d’entre eux ont même présenté une parésie légère pendant tout le temps de la maladie, l’un du bras, Pautre du membre inférieur qui étaient particulièrement le siège de ces soubresauts, ces phénomènes d’ailleurs ayant cessé spontanément dès. la fin de la période fébrile.

Les phénomènes respiratoires sont habituels, quoique peu prononcés; ils ont varié suivant les moments, indépendamment d’ailleurs de toute complication. Ils appa-' raissent surtout comme étant d’ordre fonctionnel, l'examen objectif ne décelant le plus souvent que des signes peu marqués. |

C'est surtout une toux sèche, saccadée, douloureuse et dont se plaignent les malades, avéc un retentissement pénible dans le dos, le cou, les épaules, les flancs et l'abdomen. L’expectoration est nulle, ou muqueuse et insignifiante. La voix est fréquemment enrouée, par participation du larynx. Les malades accusent parfois une dysphagie légère traduisant un léger degré de pharyngite avec rougeur minime et sans gonflement des

piliers et du pharynx. La trachéo-bronchite entraîne une sensation de cuisson rétro-sternale à l'inspiration.

Ces manifestations d’ailleurs nous ont paru contingentes; elles s’atténuaient ou se renforçaient d’une semaine à l’autre chez les différents malades, indépendamment des autres symptômes. Elles étaient même si peu marquées dans les premières semaines, que nous les avions méconnues et que nous hésitions à reconnaître la grippe dans cette maladie qui ne nous était pas apparue vraiment comme s'accompagnant de STE tômes pulmonaires.

Cette trachéo-bronchite du début de la grippe était . constante, cependant, si on voulait bien la rechercher de parti pris en faisant tousser les malades; elle se révèlait, dès le premier jour par une rudesse respiratoire légère et diffuse à laquelle succédait, les 2° et 3° jours, quelques sibilances discrètes au moment de l'effort de toux.

Chez un certain nombre de malades enfin, dès le second jour et en pleine défervescence, nous avons vu apparaître des râles crépilants par grosses bouffées en différents points de la poitrine, sans accompagnement de souffle. Ces manifestations ne se traduisaient par aucun signe extérieur; il n’y avait pas de dyspnée, pas d’expectoralion, la respiration était à peine accélérée, le pouls calme, la température était en pleine descente où ne subissait qu'un léger ressaut. 77 semblait que l'on eût saisi sur le vif, au décours de l'infection grippale, le processus débutant et complètement latent de l’ædème pulmonaire.

La température est franchement cyclique. Au début .

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