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de l'épidémie, elle avait un type très spécial de « fièvre de 3 jours », et c’est sous cet aspect que la grippe nerveuse nous est apparue dans sa forme la plus nette. Après une ascension en flèche le premier jour, la température retombait dès le lendemain matin de moitié de sa hauteur, aux environs de 38, décrivant un clocher constant sur les courbes, et la chute s’achevait en un lysis rapide.
A mesure que se prolongeait l'épidémie la période fébrile a semblé s’allonger, sans que la courbe d’ailleurs changeât de physionomie. Le sommet de la courbe s’attardait fréquemment en un bref plateau de 24 à 36. heures, le lysis subissait parfois un léger ressaut dans sa partie moyenne; la durée totale était de 4 à 6 jours.
Le pouls, d’une façon générale, nous a paru dissocié dans la grippe nerveuse, il battait couramment à’ 80 avec une température de 40°. Cette dissociation du pouls el de la température nous a paru un signe important de la grippe simple, épidémique, à forme nerveuse, elle disparaît quand la grippe se complique. Le pouls est régulier, bien frappé, parfois même un peu dur comme le pouls cérébral.
La langue en général est nette et humide, rose sur les bords, un peu blanche sur le dos, rappelant la langue des typhoïdiques. A certains moments de l'épidémie cependant, les malades présentaient quelques signes d’embarras gastrique : la langue était franchement saburrale, il y avait quelques nausées initiales et une ou deux selles diarrhéiques dans les premières heures,
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bien qué la constipation apparût comme plus habituelle.
La rate, en l’absence de complications, n'est pas . tuméfiée; elle n’était pas percutable chez la plupart de nos malades sauf cependant chez les indigènes qui semblent, d'après les autopsies, atteints de façon habituelle de splénomégalies chroniques et scléreuses, du fait d'un paludisme ancien probablement.
La peau est constamment moite chez ces malades; il y a des crises sudorales parfois très abondantes, indépendamment de tout abaissement thermique et de toute intervention médicamenteuse, et qui semblent propres. à l'infection grippale.
Plusieurs de nos malades ont eu des éruptions. Les sudamina sont fréquentes et n'ont rien de caractéristique. De plus, certains malades ont présenté un érythème d'aspect très particulier, tantôt localisé aux pieds et aux mains, tantôt généralisé au tronc et surtout au dos, se présentant sous forme d'orbes rosées et non saillantes d'assez grandes dimensions, à tendance excentrique, circonscrivant une zone livide, et ressemblant en tous points à certaines formes d'érythèmes sériques d'apparition. tardive, telles que celles décrites par M. Marfan sous le nom d’érythème marginé aberrant.
Les urines sont diminuées de volume, mais restent
généralement limpides et non sédiménteuses, elles ne renferment pas d’albumine dans cette forme de grippe simple.
L'évolution de cette affection, si bruyante par son début et un peu inquiétante, est assez décevante par la suite. Dès le lendemain généralement les malades se
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sentent mieux, bien que celte sensation de mieux-être puisse se faire attendre jusqu'aux 3° et 4° jours. La courbe après le clocher initial, retombe en deux temps, décrivant un léger ressaut, parfois même l’ébauche d’un crochet qüe nous avons vu dans quelques cas coïncider avec une aggravation légère et très momentanée de l’état général, mais ne constituant pas une rechute à proprement parler. Ce ressaut n'existe que rarement d’ailleurs, et la courbe s’achemine en lysis vers l’apyrexie, le chiffre normal étant atteint du deuxième au cinquième jour à dater du début. |
Le passage à l’état de santé se fait différemment suivant les malades; les uns sont complètement guéris de suite et reprennent leur vie normale ; les autres au contraire demeurent asthéniés, présentant à ce moment une émaciation assez particulière de la physionomie avec.un aspect de grande fatigue, et ont besoin pour se remettre de plusieurs semaines de convalescence.
Cette asthénie post-grippale, que l’on donne comme caractéristique, nous a paru très variable dans la grippe épidémique à forme nerveuse et moins constante en réa-
-lité qu'on ne le dit d'habitude.
D'une façon générale, en effet, d’après nos observations l’asthénie consécutive à la grippe, au mois de Mai par exemple, s’est montrée de moins longue durée, de moindre intensité, de moindre importance en un mot que dans l’arrière-saison. Nous avons raremeut vu pendant les premiers mois ces grandes asthénies à forme
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