DEUXIÈME PÉRIODE DE L'ÉPIDÉMIE : DU MOIS D’AOUT AU MOIS DE NOVEMBRE
Formes thoraciques de la grippe.
La deuxième période (Août-Novembre) de l'épidémie est marquée par l’apparition de cas graves, à forme thoracique presque exclusivement, et fréquemment mortels; et par la diffusion subite que revêt l'épidémie consécutivement à son aggravation.
Les premiers décès par grippe ont eulieu au mois
, d'Aoùût. Dès le début du mois, trois décès nous furent signalés dans la Nièvre, à Corbigny et à Donzy, au cours d'une petile épidémie atteignant 24 personnes, mais sur laquelle nous n’eûmes que peu de renseignements. A Bourges, aux environ du 15 Août, une épidémie de
cantonnement prend naissance dans des baraquements du Polygone; des cas graves ont lieu, et des décès sur-
viennent. La grippe, dans ce nouveau foyer qui fut étroi-
tement surveillé dès son apparition, évoluait sur un
terrain, un peu spécial et semblant prédisposé. Le
cantonnement intéressé en effet était occupé presque
exclusivement par des récupérés et des hommes du service auxiliaire dont beaucoup malingres et chétifs, et
manifestement surmenés, Ces hommes étaient employés
à la Commission de réception des ateliers de construc-
tion d'artillerie, et astreints de ce fait à un travail très
pénible de charroi de munitions et de déterrage d'obus
en plein soleil. Les conditions d'habitation élaient satis-
faisantes, mais l'alimentation, à certains points de vue,
laissait à désirer. °
Quoi qu'il en soit de ces conditions de terrain un peùuspéciales, l'aggravalion de la maladie s’est produite sur
place et:il nous a élé impossible de retrouver un mode
de contamination particulier ou une voie d'apport quel-
conque et lointaine d'une forme nouvelle de l'infection
grippale.
Il existait à ce moment à Bourges un centre de rapatriement d'internés, par la Suisse où régnaient alors ces formes graves de la grippe, mais nous ne pümes le mettre en cause à aucun moment. ;
Les rapatriés arrivaient directement à la te d'infanterie, située au centre de la ville ; ils ne faisaient. qu'y passer el regagnaient leurs pays d’origine. Aucun. cas de grippe ne fut relevé au centre de rapatriement,
ni chez les rapatriés, et jusqu’à la fin du mois d'ailleurs
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les cas mortels n’eurent lieu que dans le cantonnnement intéressé, situé sur les errains du polygone, en dehors de la ville, et n'ayant aucune communication avec le centre derapatriement. Dès les premiers jours, d’ailleurs, ce cantonnement contaminé fut consigné, désinfecté à plusieurs reprises et soigneusement isolé.
Le temps, à ce moment, était régulièrement chaud et sec, l'apparition de ces cas graves fut toute spontanée, eb nous ne pûmes attribuer à aucune cause plausible çetle aggravation subite qui eut lieu sous nos yeux.
Jusqu'à la fin du mois d’Août, la grippe ainsi aggravée va rester sans s'étendre. Elle déborde un peu sur des baraquements voisins occupés par des gendarmes et des artilleurs, mais reste prédominante, en nombre et en gravité, chez les auxiliaires où elle a pris naissance. Elle n’a pas de tendance à la diffusion, et nous espérions encore à ce moment, par de sévères mesures d'isolement, parvenir à enrayer ce foyer de formes mortelles.
- La mortalité dans ce foyer épidémique fut d'emblée importante, et en quinze jours, sur 120 malades hospitalisés, il y eût 13 décès.
Au début de Septembre, les cas graves se g'énéralisent : de ci, de là, on nous rapporte des cas isolés de broncho-pneumonie, dans la population civile le plus souvent. Dans la population militaire ou militarisée des usines de guerre, la situation sanitaire, en ce qui con-cerne la grippe tout au moins, n'est pas mauvaise à l'heure actuelle, il ny a pas de foyers épidémiques importants. Les groupements atteints au printemps, notarament, sont maintenant indemnes. C’est la popula-