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À certains moments, l'évolution de la broncho-pneumonie à élé à peine fébrile ou même apyrétique. Nous assishions alors à un syndrome clinique de myocardite aiguë à marche rapide, avec dyspnée angoissante, assourdissement progressif des bruits du cœur, cyanose et refroidissement périphérique, le malade conservant toute sa lucidité. Il s'agissait de formes algides que nous avons observées par séries à certains moments de l'épidémie. |
L’odème aigu du poumon au cours des bronchopneumonies grippales n'est pas un fait nouveau de l'épidémie. 11 est cependant intéressant de remarquer la fréquence de cette complication dans l'épidémie . actuelle : 22 cas sur 61 au mois de Septembre à Dijon, soit : 36 p. 100. — Dans 17 cas, l'œdème pulmonaire n'a été qu'un épisode surajouté aux manifestations broncho-pulmonaires qui restaient prépondérantes, mais dans D cas, le Docteur Harvier qui nous rapporte ces faits, a pu observer de véritables hémoptysies lerminales. Subitement, entre le cinquième et le huitième jour de la maladie, le malade est pris d’un point de côté violent et expectore à pleine bouche une cuvette de sang rouge. Cette hémoptysie, qui varie de 3 quarts de litre à 1 litre et demi, rappelle par son abondance celle des périodes ultimes de la tuberculose pulmonaire. En regardant de près cependant, ie sang est moins rouge et moins épais que dans les hémorragies pulmonaires tuberculeuses. Sa consistance plus fluide, sa coloration plutôt rose que rouge, sa surface recouverte d’une couche d’écume rosée laissent supposer a priori
qu'il s'agit là d’une expectoration œdémateuse à caractère hémorragique. Cette forme hémorragique de l’ædème pulmonaire s'accompagne d'une dyspnée très intense, avec algidité et cyanose. La température atteint jusqu’à 41%, le pouls devient filant, très rapide, monte jusqu’à 160. Le râle trachéal apparaît, les pupilles sont dilatées et le malade succombe en quelques heures (6 à 8 heures) avec des signes de collapsus cardiaque. Cette forme a résisté à toutes les différentes thérapeutiques mises en œuvre.
L’autopsie montre dans ces cas, à côté de lésions banales de broncho-pneumonie, des lésions bilatérales . d'œdème pulmonaire généralisé, avec, comme particularité anatomique, de nombreuses taches d'apoplexie diffuse sous-pleurales (avec pleurésie hémorragique) et parenchymateuses. L'aspect hémoptoïque de l’expectoration œdémateuse paraît lié aux raptus hémorragiques dont témoignent ces foyers apoplectiques.
Un fait nous est apparu d’après l'étude de ces différentes formes, aiguës ou suraiguës, de broncho-pneumonies grippales : elles nous ont paru compor ter en ellesmêmes leur gravité propre, et il ne semble pas, d’après ce que nous avons vu, qu’on puisse attribuer au terrain une influence réelle sur leur évolution. Il ne nous a pas semblé notamment que les individus chélifs ou malingres soient prédisposés à faire des formes plus particulièrement graves. Ce sont les sujets robustes au con-.
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traire et non tarés, résistants au maximum et dans la force de l’âge qui ont été le plus gravement atteints de façon générale, et chez qui nous avons observé couramment les formes parfois dramatiques que nous venons de rapporter.
2° ForMEs roxiques. — Les formes toxiques de grippe que nous avons observées nous ont paru en relation constante avec une broncho-pneumonie suppurée, ou avec une pleurésie purulente, streptococcique le plus souvent.
Les formes de grippe toxiques d'emblée sans déterminations viscérales, que l'on a observées avec une grande fréquence dans certains foyers épidémiques, ont fait à peu près complètement défaut dans la région de Bourges. Il s’est agi le plus souvent de broncho-pneu- : monies doubles à foyers disséminés, avec expectoration purulente renfermant des streptocoques, subictère parfois, adynamie DE et baisse terminale de la température.
La pleurésie purulente à streptocoques élait plus caractéristique. Contrairement à ce que l’on a pu voir en d’autres régions, nous l’avons observée avec une certaine fréquence, surtout du 15 Septembre au 15 Octobre, où elle a été presque constamment: mortelle.’
Le début dans cette forme était particulièrement vif. Aux environs du 4* jour de la grippe, point de côlé diffus occupant tout l’hémithorax. Hémoptysie fréquente et parfois abondante, avec ascension brusque de la température. Le malade, à ce moment, a l'aspect d'un pneumonique : la face est rouge, vultueuse, le regard brillant, la respiration précipitée..
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” Le lendemain, l'aspect du malade
a changé du tout
au tout : abattu, le pouls défaillant, le facies terreux, il
a un aspect infecté très particulier.
Il est très dys-
-pnéique et respire anxieusement. On trouve alors en un
point quelconque, soit au niveau d'une base, soit à la