partie moyenne, à la hauteur d’une scissure, un foyer
soufflant avec submatité et râles fins en couronne. Une
ponction exploratrice pratiquée dans la zone soufflante
ramène une pleine seringue de sang pur, ou grisâtre et
altéré, renfermant des streptocoques.
Le surlendemain enfin le malade est très mal :
aspect profondément”infecté, subictérique parfois, pouls
rapide et misérable, asthénie, sueurs profuses.. Une
pouction pratiquée au même endroit que la veille ramène celte fois du pus, le plus souvent grisâtre, par-
fois odorant, mais en quantité généralement faible.
Le malade succombe au bout d’un temps variable,
en 36 à 48 heures fréquemment, parfois seulement
en 3 à 4 jours, avec un état profondément toxhé-
mique, gardant jusqu'au bout une
lucidité parfaite,
avec parfois une sensation de bien-être et d'euphorie
terminale.
,. . A > 4 a L'intervention dans ces formes, même pratiquée pré-
cocement, était vouée à l'échec de façon à peu près cer-
taine., Sur 15 empyèmes pratiqués dans des cas ana-
logues, soil au stade de pleurésie hémorragique initiale,
soit au stade purulent, 13 opérés décédèrent dans les
heures qui suivirent ou le lendemain d’entre eux traina plusieurs semaines tique; un seul survécut.
au plus tard; l’un et mourut cachec-
ET ess
Il s'agissait le plus souvent de pleurésies enkystées de la grande cavité et facilement accessibles; parfois cependant le foyer était profond, scissural probablement et interlobaire, il fallait le chercher profondément de toute la longueur de l'aiguille. La quantité de pus était habituellement minime : chez un malade seulement, elle était d'un demi-litre.
Ces pleurésies purulentes étaient associées de facon constante à des broncho-pneumonies suppurées; dans un cas même, le poumon était transformé en une éponge de pus, comme s'il se fût agi de pneumonie disséquante. Nous avons relevé en outre un cas d’endocardite végélante, et trois cas de péricardite à forme fibrineuse, au cours de ces formes toxiques et d’allure septicémique.
B. — Formes de la période tardive. — A partir de la fin d'Octobre, au mois de Novembre notamment, nous n'avons plus rencontré que de façon exceptionnelle les formes si particulières, à marche suraiguë fréquemment que nous venons de décrire, et qui semblent appartenir en propre à la maladie grippale. Ù
Les broncho-pneumonies maintenant n'ont plus de type évolutif spécial, car toutes les formes peuvent s’observer, depuis la broncho-pneumonie aiguë à foyers disséminés jusqu'aux formes subaiguës et trainantes avec dilatation aiguë des bronches et bronchorrhée.
La broncho-pneumonie à foyers multiples est la forme la plus communément observée. Les formes mortelles semblent avoir une évolution plus lente. Les malades
PE
succombent entre le 8° et le 12° jour, alors que dans les premières semaines de l'épidémie la mort survenait entre le 4° et le 10° jour. On peut encore observer dans ces formes, pendant un jour ou deux, quelques crachats mousseux et saumonés mélangés aux crachats mucopurulents, mais cet œdème n’est plus qu’un épisode fugace, transitoire, qui ne donne lieu à aucun signe stéthoscopique spécial et ne comporte pas d'indications thérapeutiques particulières.
A la fin du mois de Novembre nous avons relevé quelques cas de broncho-pneumonies trainantes, que nous avons observées couramment par la suite chez des prisonniers rapatriés d'Allemagne. Il s'agissait de formes subaiguës, peu fébriles, s'accompagnant d’amaigrissement, la plupart des malades qui en étaient porteurs ayant été considérés dans les différents hôpitaux où ils étaient passés comme étant atteints de tuberculose; elles ne différaient pas de ces formes qu'on voit assez fréquemment compliquer la rougeole dans les hôpitaux d'enfants. Leur début en général nous a semblé peu bruyant, dans le décours d’une grippe qui n’arrivait pas à faire sa défervescence. On ne trouvait pas chez ces malades de foyers soufflants, mais un encombrement général des bronches avec quelques foyers de râles plus ou moins volumineux et stables. Le fait dominant chez ces malades était l'amaïigrissement prononcé, moins marqué cependant que ne l’auraient fait croire au premier abord leur aspect de grande fatigue et l'anémie particulièrement intense qu'ils présentaient
de façon habituelle. L'expectoration était fréquemment
Ep
nummulaire, mais ne renfermait pas de bacilles de Koch. Nous avons vu la guérison survenir de facon constante en un MOIS Ou six semaines.
Nous avons observé à la même époque quelques cas de congestions pulmonaires à marche trainante également, et à forme de cortico-pleurites. Ces formes que nous avons observées, en petit nombre il est vrai, réalisaient, mais de façon intermittente seulement, le syndrome spléno-preumonique, les symptômes de pleurésie bloquée alternant avec des symptômes pneumoniques “ou, broncho-pneumoniques. Dans aucun de ces cas, l’expectoration ne renfermait de bacilles de Koch, mais seulement du pneumocoque.
En ce qui concerne,la pneumonie dans ses rapports avec la grippe, elle a été, dans la région où nous suivions l'épidémie tout au moins et contrairement à ce qu'ont vu d’autres observateurs, d’une exceptionnelle rareté sous sa forme pure.
Nous n'avons pas observé en effet, comme le fait s’est vu dans les épidémies antérieures, ces pneumonies franches apparaissant au décours de l'épidémie grippale, typiques dans leur forme, et n'ayant de caractéristique que leur contagiosité et leur allure épidémique. Quant à la pneumonie survenant chez les grippés, elle nous à paru, cliniquement et anatomiquement, ressortir beaucoup plutôt à une broncho-pneumonie pseudolobaire qu'à une pneumonie franche. L’hépatisation lobaire vraie nous a paru d’ailleurs exceptionnelle ‘et ne s’est rencontrée que deux fois sur vingt autopsies.
Enfin nous avons observé des formes plus spéciales
ERP
caractérisées par une température élevée aux environs de 40° avec très légère rémission matinale, un pouls légèrement dissocié, ne dépassant pas 100 à 110, une langue sèche, un léger état de prostration sans signes pulmonaires autres que quelques râles de bronchite banale, sans dyspnée (ce qui permettait d'éliminer l'hypothèse d’une pneumonie centrale) et se terminant par une défervescence en lysis entre le 9 et le 13° jour, suivie de guérison.
Ces grippes auraient fait penser, sans'la notion d’épidémie, à une infection typhoidique. Elles avaient l’aspect de formes septicémiques, en raison de l'absence de localisation.
Nous n'avons pas observé de formes intestinales.
La PARTICIPATION DE LA PLÈVRE a été très fréquente pendant toute cette période du mois d'Août au mois de Novembre. Pendant les premières semaines, la forme dominante a été la pleurésie purulente, streptococcique, à marche rapide, que nous avons décrite plus haut. Les formes séreuses ou séro-hémorragiques sont apparues plus tardivement.
Anatomiquement, dans ces cas, 1l s'agissait le plus souvent de pleurésies cloisonnées et enkystées, habituellement superficielles et de médiocre abondance, formant une simple lame de liquide à la surface du poumon malade. Ces pleurésies, à type aréolaire et polymorphe, élaient formées d’un liquide généralement louche, fréquemment hémorragique, parfois cependant franche-
ment citrin. Ces pleurésies, à polynucléaires le plus souvent, ont été tantôt stériles, tantôt bactériennes et mono-bactériennes pour la plupart, renfermant du pneumocoque ou du bacille de Pfeiffer. Le bacille de Pfeiffer s'est rencontré le plus souvent dans des formes très hémorragiques, à évolution bénigne.
Les pleurésies franchement sanglantes, formées de sang pur ou à peine altéré, nous sont apparues comme ressortissant au streptocoque, et comme représentant le premier stade de la pleurésie purulente.
Ces différentes formes de pleurésies ne nous ont pas semblé avoir d'individualité propre ; elles apparaissaient à titre d’épiphénomène, en association avec un foyer pneumonique ou broncho-pneumonique concomitant et le plus souvent sous-jacent.
Parfois cependant nous avons trouvé des épanche- “ments assez abondants, d'un demi-litre et plus; Île liquide, dans ces cas, était habituellement séreux, et la pleurésie se collectait rapidement, comme en un phénomène critique, au moment de la défervescence.
La SYMPTOMATOLOGIE de ces collections pleurales était extrêmement floue, et ce n’est que par Ja ponction systématique, pratiquée de parti-pris chez beaucoup de nos malades, que nous arrivions à les déceler.
Elles se révélaient habituellement sous forme d'une zone male ou obscure, apparaissant dans le décours d'une pneumonie ou d’une broncho-pneumonie, parfois en un point très différent du foyer pulmonaire, parfois même dans le poumon opposé, et établissant une sorte d’alternance avec le foyer pulmonaire. La ponction
exploratrice seule en révélait la présence. D'une façon générale, on ramenait un liquide un peu louche, fréquemment rosé, mais rarement citrin et limpide. :
Quant aux pleurésiés des périodes plus tardives (Novembre et Décembre), elles ont consisté surtout en pleurésies purulentes à preumocoques, pleurésies de la grande cavité le plus souvent. Ces pleurésies avaient un début peu bruyant, s'associant à ces formes de bronchopneumonies {orpides que nous décrivions précédemment, et bien que renfermant pour la plupart de grandes quantités de liquide, ne donnaient que dès symptômes estompés dans l’ensemble, étant en général d'un diagnostic peu facile.
Nous avons -observé à la fin de Décembre, chez un rapatrié, une pleurésie à streptocoques à marche subaiquë, de la grande cavité; cette pleurésie avait été primitivement séreuse, sa nature septique ne fut reconnue qu'à la deuxième ponction.
Toutes les pleurésies précédemment décrites ont revêtu dans certains cas le caractère interlobaire. La collection parfois était profondément située et devait être cherchée de toute la longueur de l'aiguille. Dans un de nos cas même, cette pleurésie méconnue s’est révélée, après six semaines, par une vomique purulente bien caractérisée.
PENDANT LA CONVALESCENCE de ces grippes compliquées, nous avons observé, de façon à peu près constante, un ensemble de symptômes, de nature toxique ou toxi-