‹ La Grippe à Bourges: Contribution à l'étude épidémiologique, clinique, anatomique et bactériologique de la grippe épidémique de 1918 dans le centre de la FranceChapitre 23 sur 33 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Le poumon des grippés

Macroscopiquement, le poumon des sujets morts de grippe, tel qu'il nous est apparu tout au moins dans vingt autopsies, effectuées pour la plupart en septembre et en octobre, nediffère passensiblement des bronchopneumonies à marche très rapide, ayant entraîné la mort à leur stade initial. Cependant, le caractère essen- :tiellement diffus des lésions, leur bilatéralité habituelle, l'intensité enfin des phénomènes cong'estifs et de l'’œdème nous semblent assez caractéristiques et méritent d'être relevés.

Les lésions qui nous ont paru les plus constantes sont l’œdème infectieux diffus et la splénisation.

Le poumon grippal est turgescent et lourd, gorgé de suc, gardant l'empreinte des côtes. Sa consistance est

ferme, homogène ; la coupe dans la plupart de nos cas était lisse et luisante, et nullement sèche et granitée comme dans la pneumonie, de teinte rouge vif uniformément. De poids très augmenté, crépilant encore et surnageant, il laisse échapper une grande quantité de sérosité spumeuse et rosée. Cette congestion ædémateuseest diffuse, atteignant les deux poumons, occupant au moins les 2/3 de chacun d'eux.

Associés à cet œdème congestif, on trouve disséminés, surtout aux bases et souvent des deux côtés, des foyers de congestion intense. allant jusqu’à l'hémorragie souspleurale ou intra-pulmonaire. Ces foyers sont habituellement disséminés et de petites dimensions, tantôt d'un rouge sombre, à surface unie, surnageant ou non; tantôt confluents et occupant tout un lobe avec un aspect homogène et carnifié, d'aspect broncho-pneumonique, en foyers disséminés ou de type pseudo-lobaire.

Dans d'autres autopsies à lésions plus avancées les poumons sont purulents, le pus s'écoule abondamment par les canaux bronchiques; il imbibe les lobes devenus grisâtres el friables. Dans un de nos cas même, le poumon était infiltré de pus d’une façon uniforme. Ces foyers broncho-pneumoniques peuvent apparaître sur la même pièce à des stades différents, donnant au poumon un aspect bigarré; tantôt surnageant, tantôt allant au fond de l’eau; tantôt d'un rouge violacé simplement congeslif, où blanchâtres, grisâtres, diffluents, à tous les stades de l’hépatisation grise. Ces lésions d’ailleurs sont toujours mulliples : congestion œdémateuse et

diffuse, congestions localisées à type d'apoplexie ou

Page 1