‹ La Grippe à Bourges: Contribution à l'étude épidémiologique, clinique, anatomique et bactériologique de la grippe épidémique de 1918 dans le centre de la FranceChapitre 25 sur 33 · D PS · texte numérisé non relu

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de façon à peu’ près uniforme. C’est un ædème diffus, de nature inflammaloire, encombrant les alvéoles et la lumière des bronchioles, s’accompagnant par endroits de réaction fibrineuse alvéolaire, et d’une façon constante d'un exsudat:leucocytique abondant, de tuméfacüon et de desquamation de l’épithélium. Les cellules bourrent par endroits la cavité alvéolaire, mêlées à des hématies extravasées, à de la sérosité d’œdème, à des filaments épars de fibrine, réalisant la splénisation du début de la pneumonie.

Quant aux foyers broncho-preumoniques, ils n'apparaissent pas au microscope de façon évidente, ne se traduisant que par des phénomènes inflammatoires particulièrément intenses mais ne différant pas au fond des lésions diffuses qui engorgent tout le poumon. C’est en vain qu'à leur niveau on rechercherait une ordination quelconque, un groupement particulier rappelant même de loin Ia struciure typique du nodule péribronchique. |

La bronchiolile fait défaut le plus habituellement au niveau de ces foyers; les bronchioles obstruées d'æœdème ont leur lumière distendue mais sont intactes dans l'ensemble, elles ne sont ni infiltrées ni engaiînées de leucocytes et passent inaperçues au milieu du foyer. L’exsudat leucocytaire intra-alvéolaire, la congestion, l’œdème sont particulièrement intenses au niveau de ces foyers sans qu'il y ait cependant de processus destructif; la structure du lobule est bien conservée, les leucocytes tassés les uns contre les autres à l'intérieur des alvéoles ont leur noyau intact et sont aisément colorables.

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L’alvéolite, surtout leucocytaire, est par endroits fibrineuse, et cette réaction fibrineuse de l’alvéole nous a paru régie d’une façon très remarquable par le frajet des paisseaux : les vaisseaux en effet, bien que ne participant pas eux-mêmes aux lésions inflammatoires, déterminent fréquemment dans leur voisinage immédiat l’exsudat fibrineux qui obstrue les alvéoles comme si dans leur voisinage la réaction était particulièrement intense, et celte topographie très particulière, périvasculaire et nullement péribronchique du processus d’alvéolite que nous montrent certaines coupes fait penser plutôt à une origine sanguine que respiratoire du processus phlegmasique.

Il semble s'agir en réalité, non pas d'une bronchopneumonie vraie à point de départ bronchique, mais bien d'un processus pneumonique d’origine sanguine, d'une sorte de pneumonie migratrice à forme lobulaire avec ædème infectieux, frappant les alvéoles les unes après les autres, débutant au pourtour des vaisseaux, et apparaissant dans un même champ à des périodes différentes de son évolution. :

Un fait également est particulier, c'est la natwe plutôt diapédétique que fibrineuse du processus alvéolaire : les alvéoles en effet sont encombrées de leucocytes beaucoup plus que de fibrine, ce qui semble justifier l'appellation de pneumonie leucocytaire que l'on avait donnée précédemment à la pneumonie grippale.

Quant aux lésions associées et de siège périphérique, elles ne diffèrent pas des lésions satellites banales de tous

les foyers pneumoniques ou broncho-pneumoniques, et

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consistent en emphysème, œdème alvéolaire banal et d'aspect mécanique, atélectasie.

La bronchiolite, nous venons de. le voir, n’est pas habituelle, et lorsqu'elle existe elle est le plus souvent isolée, semblant évoluer pour son propre compte, ne déterminant pas autour d'elle la formation d’un nodule.

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