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mêmes errements concernant la nature exacte de la maladie, qu'au début de l'épidémie de 1889. Les médecins de l’armée d'Orient croyaient reconnaître en elle la dengue dont ils avaient observé de grandes épidémies. Le début de la pandémie en Avril avait fait suspecter une ‘forme particulière de suette picarde, importée du front de la Somme au moment des offensives de Mars. Pour notre compte, nous avions relevé la ressemblance, frappante il faut bien le dire, de la maladie en cours avec la fièvre à papatacci que noùs pensions rapportée de Macédoine. É
Cependant, la maladie avait été reconnue par ceux-là même qui l'avaient observée en 1889. Le 17 Mai, à la Sociélé Médicale des Hôpitaux, le Professeur Chauffard l'identifiait formellement avec l'influenza : « Je crois « que-l’on ne saurait hésiter, et que le diagnostic de « grippe épidémique à forme nerveuse fébrile, ou «influenza, ne peut être mis en doute. Par son.carac- « tère pandémique, par son tableau clinique si, spécial, « celle série de cas rappelle exactement à ceux qui en « ont élé les témoins le début de la grande épidémie « de grippe de 1889* ». 7
La maladie cependant, et jusqu'à présent, s'était tou- | jours montrée extrêmement bénigne, et nous pouvions dire dans les premiers jours du mois d'Août, cinq mois après le début de l'épidémie, qu'il ne nous était pas revenu qu'un seul cas, dûment authentifié, eût eu une suite fâcheuse, ou eût comporté quelque complication.
* Chauffard. Grippe épidémique à forme nerveuse fébrile. Société Médieale des Hôpilaux, 11 Mai 1918. -
Caractères épidémiologiques.
Un des caractères dominants de l'épidémie pendant cette période du printemps et du début de l'été, est son caractère eirconscerit. Elle procède par foyers successifs et bien délimités, contrastant ainsi par son allure avec le caractère apparent de diffusion qu’elle revêtira par la suite. -
La maladie à cette époque se propage en une série de petites épidémies localisées, simultanées ou successives, et n'a aucune tendance à diffuser hors de ces foyers épidémiques, malgré sa haute contagiosité. Ce sont, nous l'avons vu précédemment, les collectivités exclusivement qui sont atteintes à cette époque et de façon prépondérante les collectivités militaires. La maladie atteint une caserne, un hôpital, un atelier, un cantonnement de soldats ou de travailleurs; encore le groupement n'est-il atteint souvent que de façon parcellaire, certaines salles, certains baraquements étant atteints à l'exclusion des autres qui sont respectés ou peuvent se contaminer secondairement, la maladie débutant dans une salle alors qu’elle prend fin dans une - autre. Jl en résulte un caractère sautillant en quelque sorte, capricieux dans l'extension de la maladie, et bien différent du caractère progressif et continu qu'elle __revêtira par la suite, en apparence tout au moins.
Un fait important à relever est le caractère exclusivement collectif de la maladie régnante à cette époque :
on ne voit aucun cas de grippe isolé, les malades, quels
qu'ils soient, font toujours partie d'un groupement contaminé. Elle n’atteint de plus que les collectivités importantes, les personnes vivant par petits groupes sont pense indemnes.
Nous avons noté la prédominance de l’ de à ses débuts sur la population militaire; ce n’est qu’après plusieurs mois que les collectivités civilesfurentatteintes. Mentionnons enfin sa prépondérance au début sur l’élément exotique (épidémie sur la main-d'œuvre indigène à la fiñ d'Avril).
La propagation de la maladie dans chacun de ses foyers est intéressante à étudier : la maladie éclate de façon brutale, massive, elle fait explosion en quelque sorte, alleignant presque d'emblée un grand nombre d'individus. Ün ou deux cas apparaissent isolément comme avant-coureurs, le lendemain plusieurs autres cas se déclarent, puis la contamination se faiten ‘bloc, la courbe atteignant son maximum le 3° ou le
4° jour ; les cas s'espacent ensuile, leur nombre quotidien va en décroissant, l'épidémie décrit son cycle local en quinze Jours ou irois semaines.
Nous rapportons plus loin (voir page 39 et suivantes) un certain nombre d'exemples de foyers épidémiques. Tous ces exemples, que nous multiplions à dessein, font bien ressortir le caractère explosif de la maladie dans ses différents foyers, avec la brusquerie de son début, l'atteinte presque immédiate d’un grand nombre d'individus, sa régression rapide ensuite et la brièveté de sa durée totale. à