‹ La Grippe [Texte imprimé]Chapitre 10 sur 21 · FORMES CLINIQUES DE LA GRIPPE SUIVANT LE TERRAIN · texte numérisé non relu

FORMES CLINIQUES DE LA GRIPPE SUIVANT LE TERRAIN

Indépendamment des formes que la grippe prend suivant la virulence de l’agent pathogène, suivantpa localisation, elle peut aussi varier suivant le terrain sur lequel elle évolue.

L’âge a une grande influence : la grippe ne s’observe pas chez les très jeunes enfants, dont on connaît cependant la susceptibilité vis-à-vis de toutes les infections de l’appareil respiratoire. De 8 à i3 ans, elle est moins rare, mais elle a une bénignité et une rapidité d’évolution remarquables.

L’enfant est fatigué, abattu, se plaint de céphalée, la température atteint 40°, l’embarras gastrique est intense, la toux est fréquente, quinteuse, sans expectoration ; l’examen du poumon ne révèle pas de signes physiques ; c’est somme toute, le tableau de la grippe légère. Mais, fait important et caractéristique, ces enfants atteints de grippe bénigne, contaminent très facilement leurs parents (père, mère, frères ou sœurs plus âgés) qui de leur côté, ont des formes beaucoup plus graves, avec complications pulmonaires.

Les vieillards, qui, au cours des autres épidémies de grippe, payaient toujours un lourd tribut à la maladie, paraissent assez réfractaires à la grippe actuelle, et l’on a voulu expliquer cette immunité par une atteinte antérieure au cours de l’épidémie de 1889-1890.

Mais, lorsque la grippe frappe des sujets âgés, elle a souvent une évolution fatale, avec prédorninance des signes de défaillance cardiaque.

Chez les femmes enceintes, la grippe toujours grave détermine souvent, soit l’avortement, soit l’accouchement prématuré.

Si elle atteint la femme dans les jours qui suivent l’accouchement, elle tarit la sécrétion lactée, elle expose à l’infection puerpérale; la convalescence, déjà longue dans les formes ordinaires de la grippe, est encore plus traînante.

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