‹ La Grippe [Texte imprimé]Chapitre 11 sur 21 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

D’une manière générale, la grippe simple, c’est-à-dire sans manifestations pulmonaires, est d’un pronostic favorable, elle ne constitue qu’une indisposition.

Pour la grippe pulmonaire, même d’apparence bénigne au début, le pronostic devra toujours être réservé. Certaines conditions doivent faire craindre à priori une évolution fatale, ce sont toutes les causes de débilitation de l’organisme; la misère phj^siologique, le surmenage, malheureusement fréquent à l’époque actuelle parmi l’élément féminin, les affections pulmonaires antérieures, une tare cardiaque, des déformations de la cage thoracique (gibbosité), l’alcoolisme, surtout chez les sujets jeunes, sont autant de facteurs qui donnent sans aucun doute, un caractère de haute gravité à la grippe à forme pulmonaire.

Sur quels éléments cliniques peut-on baser le pronostic? La tachycardie (au dessus de loo), la dyspnée, surtout lorsqu’elle est hors de proportion avec les lésions pulmonaires, ou qu’elle s’accompagne de cyanose, la suppression de l’expectoration, avec signes de foyer pulmonaire, une hyperthermie persistante (au dessus de 40), une agitation nerveuse excessive, ou au contraire une

dépression, un pessimisme avec pressentiments sinistres, constituent des éléments de mauvais pronostic.

Au contraire, la bradycardie relative, des sueurs abondantes, l’absence de dyspnée, même avec des signes pulmonaires étendus, apparaissent comme des symptômes rassurants.

On fera bien de retenir cette notion encourageante, que des formes d’apparence très grave, pour lesquelles le pronostic semble presque sûrement fatal, et à brève échéance, peuvent néanmoins guérir contre toute prévision, grâce à une action thérapeutique poursuivie sans défaillance; d’où la règle, qui ici, plus que dans toute autre infection, doit être absolue, de lutter jusqu’à la dernière minute, même quand l’issue fatale paraît certaine et imminente.

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