‹ La grisette de qualite dramevaudeville en quatre actesChapitre 34 sur 39 · LA MARQUISE, ISABELLE, MANUEL · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, ISABELLE, MANUEL

LES TROIS COUSINS, Seigneurs*

Tous s« rapprochrot, et regardent avec curiosité et eo riant la contenance d'isabolle.

MANUEL. Enfin, il est parti !... Et maintenant, Isabelle, parlez, expliquez-vous.

ISABELLE, c’est impossible !

TOUS. Impossible !

HERCULE. Parce que c’est trop clair.

MANUEL, d //erru/e. Misérable!... (Revenant d Isabelle. ) Vous voyez bien qu’il le faut !

ISABELLE. Mais je ne le peux pas , vous dis-je !

LA XIARQUISE. Malheureuse!... mais tu es donc coupable?

ISABELLE. Coupable! moi!... Oh! non...

plus tard, vous saurez tout... vous apprendrez...

MANUEL. Toujours des délais! Mais

tout â l'heure vous promettiez de parler à la fin de celle audience, et vous voulez que j’attende encore, quand de nouveaux soupçons, quand un nouvel éclat sont venus vous accuser.

ISABELLE. Ne m’interrogez pas... car, pour me justifier, il faudrait tout vous dire. . .

' La UtriiuiK, lubelle , Manuel , Hercule, Guinian, Hector.

Li GRISETTÊ

toat, josqu’i cette rencontre, et je ne le peux pas !

LA MABQCISE. Et le ministre?... et ce ton de mépris avec lequel il vous traitait?...

Mais répondez donc?... répondez donc?..

ISABELLE. .Mais encore une fois .. ici, devant tout ce monde...

LA aiARQinsE. Oui, devant eux tous... car c’est devant eux qu’on a flétri votre nom; car c’est devant eux que votre mère est prête à mourir de désespoir.

ISABELLE. Ma mèrel...

MANUEL. Au nom du ciel , ne laissez pas an soupçon le temps dt briser mon cœur...

au mépris le temps de remplacer l’amonr dans mon âme!...

Am de liwiantd^abienee. (L. Pcckt.)

Tojn. Tojres moo trouble, mt pâleur I...

Preuet pitiâ de ma tristesse amère I Mais non’ I... plutôt pitié pour votre mère.

Prête à mourir de boute, de douleur t...

isaagixE, d elU^méme.

A leurs pleurs rester insensible?...

La force me maoque. . . hélas I c'est trop eoulTrir I . • . ,

PourUot parler... c’est impossible ! ... I

Ou bien mon père va périr 1...

Ah ! pour me taire en ce moment d’orage,

Moo Dieu ! mon Dieu 1 soutenez mon'courage t Lorsqu’un seul mot pourrait les consoler,

Ah 1 faites^rooi mourir plutôt que de parlerl

' La Marquis, Manuel, Isabelle.

DE QüALI’TÉ. 2t

LA HAnQL'iSE. Eh qnoi ! vous vous taisez!... eh quoi ! pas un mot?

ISABELLE. O mon père! mon père !...

LA MABQUISE. Tou père! malbeurcuscl...

tu le déshonores!...

ISABELLE. Ah! c’en est trop!... Mon Dieu, moi accusée d’infamie !... soupçonnée d’avoir trahi son amour I maudite de lui et de ma mère, quand j’ai tant soulTeri pour eux !...

quand, pour eux, je me suis si longtemps sacrifiée!... Oh! oui, c’en est trop!... c’en est trop!... mon âme se révolte â la fin! Et puisque vous rejetez mes serments et mes prières. .. puisque vous ne voulez en croire ni mes larmes ni mon désespoir... eh bien, je vais tout dire!... [Avec égarement.) Hier, Manuel, vous me cherchiez dans nia chambre, et ma chambre était déserte à neuf heures, parce qu’elle l’a été toute la nuit !... Vous avez cru reconnaître une jeune fille marchant seule dans les rues au milieu de la nuit?... cette jeune fille, c’était moi... Leduc d’Alcalal... mais le duc d’AIcala n’a jamais envoyé d’argent... il a durement repoussé ma prière. .. cet argent vient de moi. . . parce que... voyez -vous... ma mère serait morte de faim. . parce que âlanuel était pauvre...

Alors, moi, j’ai voulu... j’ai... j’ai... {Ici parait le Miniitre au fond. ) Oh ! non , non! c’est impossible... je ne veux pas...

je ne peux pas tuer mon ^re !

E1I« tombe éreoouîe. On ,’empresse autour d’elle.

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