‹ La Grosse Niche de Haudek: Ses SignificationsChapitre 14 sur 31 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

M”° Du..., soixante-trois ans, a commencé à souffrir de l’estomac à seize ans, sans vomissements. À vingt et un ans, lors de

sa première grossesse, hématémèse. Cinq autres grossesses normales. Toujours constipée durant ces dernières années. Ne souffrait pas de l’estomac pendant ses grossesses. Périodes de crises de trois mois, séparées par trois mois de calme plus ou moins parfait.

A la suite d’une crise plus forte, il y a quinze ans, la malade voit le Docteur E. Dubourg qui conseille l'intervention, refusée par la malade qui, pendant cinq ans, se nourrit de lait, se trouvant relativement bien.

Par la suite, elle présente de nombreuses affections (rhumatisme chronique, hernie étranglée, opérée par le Docteur Dubourg).

Depuis trois semaines, à la suite d’un surmenage, se met à beaucoup souffrir, ne peut plus se nourrir, prend du normogastryl. Faim douloureuse. Douleurs presque immédiates à toute ingestion alimentaire.

A toujours mal supporté les crudités dures et les préparations grasses. Ni nausées, ni vomissements.

Examen négatif (juillet 1943). Traitement d’essai sans belladone, algipan.

En août 1943, l’algipan a fait disparaître une brûlure près de l’ombilic, mais douleurs ensuite dans la région xyphoïdienne, avec irradiation dorsale, deux ou trois heures après les repas. Puis amélioration progressive, n’a vomi qu’une fois eau très acide. Selles normales. Ne peut travailler à cause d’un point douloureux. Murphy très électif.

Radio sans préparation, région biliaire, donne un résultat négatif.

En septembre 1943, va bien. Radio vésicule : très grosse vésicule, probablement adhérente à D°. Estomac hypotonique, bulbe mal dessiné. Pas d'image d’ulcère. Au palper, sensibilité, uniquement solaire. c

La malade est revue en juillet 1944. Depuis huit jours, elle souffre beaucoup de l’estomac. Au réveil, et tant qu'elle reste à jeun, tout va bien : ne déjeune pas pour passer une bonne matinée, prend solution de Bourget. Elle garde bon appétit, mais mange très peu à midi; vingt minutes après, malaises et - nausées, sans vomissements. Elle passe tout l’après-midi

ne

étendue et ne mange pas le soir, quoiqu'’elle ait faim. Pituites remontant sans effort.

Examen debout : Murphy très électif et point para-ombilical très sensible.

Hista-dimilli.

En août 1944, aucune amélioration, ne peut rien prendre sans souffrir beaucoup une demi-heure après et pendant des heures. Grosse déshydratation.

Radio : grosse niche diverticulaire de la petite courbure, de type Haudek. ;

Liquide de stase : HCI libre : 0; acidité totale : 1,09; chloru- MES NE TN

Essai de traitement par injection intrapéritonéale de novocaïne.

Quelques jours après, injection de 30 cm° de syncaïne à 1 p. 100, sans incidents. Le lendemain, petite hématémèse (un petit verre de sang, à peine digéré), qui ne se reproduira plus. Pas de mélœna par la suite.

La malade peut se réalimenter peu à peu, avec seulement quelques

Calque radiographique. : BR :

À Cr ES malaises irréguliers, un moment

après les repas plus copieux. Aucune réaction péritonéale, vaso-motrice ou tensionnelle à la novocaïne.

Septembre 1944, la malade sort de la Clinique. Radio de contrôle : niche a plutôt augmenté de volume, légèrement sensible à la palpation. Bismuth, injection de quinze ampoules de ferriscorbone.

Au mois d'octobre 1944, état gastrique parfait, bon appétit, selles normales (a eu poussée de prolapsus hémorroïdaire, avec constipation pendant trois semaines). Pollakyurie nocturne, poussée polyarticulaire depuis quarante-huit heures. Injections bien supportées, gain de poids net et plus de forces qu'avant (42 kg.). On refait deux piqûres de ferriscorbone et bismuth. Titane.

Radio : la niche a presque disparu,

2 Of

Le 16 janvier 1945, la malade, qui n’a pas souffert depuis le mois d'août 1944, a un gain de poids très net (45 kg. 500, soit 4 kg. 500 en deux mois). Selles quotidiennes, mais peu abondantes. Ne suit guère son régime. Poussées poly-articulaires (suivie par M. le Professeur Pouyanne). Les deux dernières ont précédé les poussées ulcéreuses. Bon appétit. Bref, au point de vue digestif, état parfait, mais rhumatisme en pleine évolution (47 kg.). Dix ferriscorbones.

Radio : aucune douleur à la pression. Ne montre véritablement aucune lésion radiologique. Cependant, sur le film pris en procubitus, quand on a repéré le siège de l’ancien ulcère, pris dans la même position, on devine une saillie d’un millimètre à peine, séquelle de la niche. Souplesse et insensibilité totale de la paroi (rapport du Docteur Delaye).

La malade continue à bien se porter au point de vue gastrique.

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