III. — LES RÉVÉLATIONS DE LA GASTROSCOPIE
L’'endoscopie nous apporte incontestablement des preuves de ce que nous venons d'avancer. Nous avons emprunté les données qui vont suivre au magnifique ouvrage de Moutier (1).
Par ce procédé, nous voyons la muqueuse de l'estomac se modifier parallèlement aux phases de calme et d'activité de l’ulcère.
Pendant les périodes de crises, l’estomac est hyperkinétique, intolérant, ce qui rend difficile la vision de la région de l’ulcère. On voit, au niveau de ce dernier, des contractions qui le dérobent à la vue; la muqueuse est hyperémiée, et le cratère est beaucoup plus profond. D'une façon générale, l’ulcère est mis à plat dans les intervalles qui séparent les crises. Il est alors très facile à voir, et l’on peut constater aisément son degré de pénétration, son étendue, ainsi que l’aspect de la muqueuse environnante et de ses plis.
Mais, plus ou moins vite, à mesure que la crise approche, l’inflammation et l’œdème apparaissent, s’accroissent, entraînant de profondes modifications au niveau de la marge de l’ulcère. Ce dernier s’ensevelit au fond d’une dépression variable, tantôt simple cupule, tantôt processus digitiforme, tantôt entonnoir ou puits.
Moutier insiste particulièrement sur les perpétuels mouvements de la muqueuse, probablement rendus plus intenses par la présence du tube gastroscopique. Il semble que ces
(1) Traité de gastroscopie et de pathologie endoscopique de l’estomac, ne