III. — SYMPTOMATOLOGIE
C’est toujours une vieille histoire d’ulcère chronique calleux. (« Kallose penetrierende magenschwure») des Allemands. Le malade, dont l’âge va de quarante à soixantedix ans, souffre depuis de nombreuses années (dix, quinze, vingt ou trente ans). Son ulcère s’est peu à peu transformé, ses crises se sont rapprochées de plus en plus, jusqu’à fusionner. Le malade s’est mis à souffrir continuellement, ayant à peine quelques heures de calme dans la journée.
Les douleurs sont du même type que celles de lulcère banal : douleurs à type de brûlures, de crampe, de torsion, à irradiation dans le dos, mais beaucoup plus fortes, rendant la vie du malade intenable, et le conduisant parfois au suicide. Depuis le moment où elles sont devenues subintrantes, elles se sont montrées rebelles aux alcalins et au régime. C’est en somme la symptomatologie de l’ulcère calleux grave.
Dans ce tableau, nous devrons rechercher un signe qui pourra nous révéler l’ulcère extériorisé; nous demanderons au patient s’il a présenté, il y a quelques temps, un épisode paroxystique plus intense que les autres, et au cours duquel il a ressenti une douleur particulière, très aiguë, en coup de poignard, qui l’a fait s’aliter pendant plusieurs jours.
Il est très difficile, lorsque cet épisode a existé, de le faire préciser par le malade qui, habitué à beaucoup souffrir, n°y a pas prêté attention la plupart du temps. La statistique de Gjankovic, citée plus haut, nous a montré toute la difficulté : de ce diagnostic.
a) ULCÈRES PERFORÉS BOUCHÉS PAR LE PANCRÉAS
Périgord a bien étudié ce cas et c’est à lui que nous empruntons ces détails.
La perforation du pancréas, d’après lui, est dépistée par
un symptôme capital, pathognomonique : c’est la douleur atroce, localisée à la pointe de l’omoplate gauche, qui persiste en dehors des crises paroxystiques et ne cède à aucun traitement. ,
Les crises sont du type cœlialgique, avec sensation de torsion et irradiations dans le dos. Dans quelques cas, on perçoit à la palpation une tumeur plus ou moins importante et douloureuse, au niveau du creux épigastrique, sur laquelle Haudek et Faulhaber ont beaucoup insisté.
Si la perforation est très importante, nous pourrons avoir une insuffisance pancréatique typique, avec digestion incomplète, selles grasses, mal élaborées, fétides, copieuses. Mais cela est rare.
b) ULCÈRES PERFORÉS BOUCHÉS PAR LE FOIE
Dans ce cas, les vomissements sont beaucoup plus fréquents, les douleurs se rapprochent de plus en plus: des repas. Elles sont épigastriques, « amenant, nous dit Périgord, le malade à se courber, à se tordre, à se recroqueviller en chien de fusil. La douleur retentit violemment dans le dos, des deux côtés, au niveau des deux omoplates. »
À la palpation, on sent une légère contraction susombilicale à gauche et, en dessous, une masse douloureuse à la pression. Ce plastron de périgastrite, que l’on perçoit sous le lobe gauche du foie, est mobile avec ce dernier et le suit dans les mouvements respiratoires.